Découverte

Les Surprises de Magalie

Chapitre 6

Un peu plus tard, les sens momentanément au repos, ils escaladèrent, nus et à quatre pattes, les quelques hauteurs de la dune qui leur cachaient l’océan. Au sommet, Francis s’allongea sur le ventre, la tête dans les mains, les coudes et le sexe enfoncés dans le sable. Magalie s’empressa de l’imiter. Le souffle du large qui grimpait à l’assaut de la déclivité en leur apportant le clapotement des vagues et les cris stridents des oiseaux de mer, déclencha de brusques frissons en passant sur leurs corps encore moites des sueurs de l’amour.

– Que c’est beau ! S’exclama la jeune femme, devant le spectacle de l’eau à perte de vue et de la plage seulement peuplée de quelques mouettes.

– C’est d’autant plus beau qu’il n’y a pas la moindre manifestation humaine pour gâcher le décor. Cela arrive à cette époque et en semaine. Au milieu du printemps l’eau est toujours un peu trop froide pour attirer du monde et les grandes vacances ne sont encore qu’un rêve. Il n’y a que les oiseaux de mer pour représenter le vivant.

– Ce qui permet de faire l’amour au grand air sans attirer l’attention des voyeurs ?

– Et aussi de se baigner à poil. Les volatiles, eux, se fichent pas mal de notre tenue. Tentée par un aller et retour vite fait ?

– Et si quelqu’un arrive ? Un pêcheur ? Une embarcation ?

– L’océan et la plage sont vides, les oiseaux mis à part et peut-être quelques crabes, c’est une vraie chance et nous avons bien le temps de faire quelques brasses et de revenir. Et si quelqu’un nous voit, il n’aura qu’à fermer les yeux.

D’un même élan ils se mirent debout et se précipitèrent en riant. Quand ils sortirent de l’eau, dix minutes plus tard, il n’y avait toujours personne en vue et s’ils refirent le parcours en courant, c’était plutôt pour réchauffer leurs corps frissonnants que pour fuir d’éventuels voyeurs. Dans le creux qui avait abrité leur étreinte, toujours galopants, ils récupérèrent leurs vêtements et s’élancèrent vers la maison.

Lorsqu’ils arrivèrent près de la voiture Francis prit un trousseau de clés dans la boîte à gants avant d’aller ouvrir la porte arrière de l’habitation. Puis, se penchant et glissant un bras sous les aguichantes fesses rondes de sa maîtresse, il la souleva et c’est en la portant qu’il lui fit passer le seuil de la maison. Il la déposa sur un canapé dans une grande pièce vaguement éclairée par la lumière entrée par la porte avec eux. L’endroit était meublé de manière assez succincte en salon. Francis alla ouvrir fenêtres et volets, faisant entrer à flot le soleil et le vent du large.

– Nous avons plus que dépassé l’heure du déjeuner, alors douche ou bien casse-croûte ? demanda-t-il en se courbant pour embrasser un sein encore palpitant de la course.

– Plutôt douche, si l’eau est moins froide que celle de l’océan.

– Eau chaude à volonté. Le mobilier est limite, mais la salle de bains et la cuisine sont équipées pour que les séjours soient agréables et facilités.

Quelques instants plus tard, après avoir vérifié la température de l’eau, Francis entra dans la cabine de douche et Magalie vint se plaquer à lui. Immobiles, ils laissèrent alors le liquide tiède les débarrasser du sable et du sel qui leur collaient à la peau.

– Laisse-moi te laver, décida tout à coup Magalie à qui cet immobilisme ne semblait pas devoir convenir indéfiniment.

Sans attendre, elle tourna le robinet pour couper l’eau et se saisit du savon avec lequel elle entreprit aussitôt de frictionner énergiquement le buste puis les bras de son mâle. Quand vint le moment de passer sous la taille, elle s’agenouilla et se trouva, dans cette position contemplative, nez à nez avec le dard en érection insolente qui pointait vers le haut la détermination et la force de ses envies. Subjuguée par une proximité qui en exagérait les dimensions, elle poursuivit son activité de nettoyage sans plus le quitter des yeux. Puis vint l’instant où tout le corps fut savonné et frotté à l’exception du seul membre toujours dressé. Telle la vestale d’un temple phallique elle le saisit entre deux doigts, l’obligea, malgré une solide résistance, à descendre à l’horizontale et y appliqua ses lèvres pour un baiser qui provoqua un grognement de satisfaction voluptueuse dans la poitrine de Francis. Elle libéra le membre et il reprit sa position verticale le long du ventre. Avant de revenir au contact elle se savonna copieusement les mains et, avec une infinie tendresse, commença alors, par un mouvement de va-et-vient, à recouvrir de mousse la dure tige flamboyante. Ce mouvement, qui découvrait puis recouvrait le gland à chaque passage, déclencha les premiers frémissements de plaisir dans le corps du jeune homme. Magalie abandonna alors le dard pour se saisir des testicules et les emmailloter à leur tour tout en les faisant rouler avec douceur entre ses doigts. Au-dessus d’elle le garçon se mit à gémir et elle en éprouva une joie intense. Elle aimait de plus en plus le plaisir qu’elle pouvait procurer en manipulant la virilité de Francis. Elle ferma les yeux et avec une infinie lenteur, longuement, de ses dix doigts, elle caressa la verge dont elle pouvait sentir toute l’impatience. Aux bruits émis par la gorge du mâle elle perçut bientôt l’arrivée imminente de l’orgasme. Alors, se saisissant d’une main ferme du pénis gonflé de sève et arrivé à son point de rupture, elle le masturba avec vigueur jusqu’à ce que le sperme en jaillisse par longs jets dont les premiers allèrent s’écraser contre la paroi de verre.

Lorsqu’il put enfin retrouver son souffle et calmer les battements de son cœur, Francis saisit la tête de Magalie et la força à se lever avant de l’enfermer dans ses bras, de refaire couler la douche sur leurs corps réunis et de grommeler :

– Pour quelqu’un qui n’a jamais eu qu’un amant de cœur et assez peu de rapports avec le sexe, finalement, je trouve que tu ne manques ni d’imagination ni de savoir-faire !

– Tu m’inspires, et comme je te lai dit cette nuit avec beaucoup d’impudeur, je veux, avec toi, tout découvrir, expérimenter, du plaisir à retirer de l’utilisation possible de nos sexes, ensemble ou séparément.

– C’est moi ou l’instrument sur lequel tu viens de t’extérioriser avec tant de bonheur qui t’inspire ?

– Je ne fais pas la différence. Lui, c’est toi et toi c’est lui. À propos, il n’a pas un petit nom, ce bonheur des dames ? Jérôme appelle bien le sien Albert.

– Arthur. Mais ce n’est pas moi qui lui ai donné son nom.

– Une de tes maîtresses ?

– La toute toute première.

– On se met sur le canapé et tu me racontes tout par le menu ?

– Oh oui ! Fais-le raconter.

– Elle se prénommait Judith. Tu es sure que ce soit très approprié dans les circonstances de nos retrouvailles ?

– Plus j’en saurai de toi, plus je pourrai apprécier le don que la vie me fait de ton corps.

– Bien. Elle était magnifique à mes yeux d’adolescent puceau attardé. Elle avait trente-huit ans et moi tout juste dix-sept. C’était une amie de ma mère. Elle était remariée depuis peu, mais son mari avait été envoyé en poste quelque part en Afrique et elle attendait qu’il ait trouvé de quoi les installer décemment pour le rejoindre. C’était une femme sculpturale, sure d’elle, une grande brune au teint hâlé, dont le premier mari était un sportif qu’elle avait suivi dans ses entraînements. Cette pratique lui avait forgé un corps que je devinais ferme, solide, et qui me faisait voir les filles qui me côtoyaient au quotidien comme des êtres plutôt fades et sans consistance. Si elle n’avait pas été là, je me serais probablement dépucelé avec une des filles que j’avais sous la main, mais elle était là, et pour mon plus grand bonheur. Mais je ne vais pas te faire le récit de mon dépucelage dans la douche. Tu m’essuies et j’en ferai autant pour toi, en espérant que ça ne va pas me détourner de ce que je disais…

– Aucun danger. Je veille.

Cromec profita de cette interruption pour se manifester à nouveau :

– J’ai l’impression qu’il y a pas mal de nostalgie dans sa relation sur cette période de sa vie, tu ne crois pas ? Il me semble y entrevoir comme une forte émotion.

– C’est une initiation qui l’a marqué, c’est évident. On va essayer de lui en faire dire un maximum, mais ça ne devrait pas être trop difficile.

– Tu vas le pousser à raconter en détail, hein. Je me sens aussi impatient que toi de participer à la première mise en œuvre de ce génial pénis qui nous a déjà faits si merveilleusement jouir.

– Ne t’inquiète pas. Il semble impatient de parler, lui aussi. Tu te mets en veilleuse, il parle et on l’écoute.

– Elle n’avait pas mis longtemps, poursuivit Francis, avant de s’apercevoir que je bavais de désir dès qu’elle venait à la maison, et si, au commencement, ses visites se faisaient selon les disponibilités de ma mère, j’avais vite constaté qu’elle s’était ensuite organisée pour que ce soit à des moments où je n’avais pas cours. Et certains de ses gestes, ou sa façon d’écarter les genoux sans ostentation et de ménager juste assez d’espace pour que je puisse essayer d’imaginer ce qui se cachait dans la pénombre de son entre cuisses…

– Ton sang devait bouillir après ces visites ? Tu te masturbais ?

– Comme un malade, tu penses bien ! Et il me suffisait de penser à elle pour me voir affublé d’une érection douloureuse de plus en plus fréquente et qu’il me fallait régulièrement soulager. Ça ne pouvait pas durer indéfiniment et c’est alors que je commençais à chercher un moyen de lui faire connaître l’état dans lequel j’étais, par sa faute, qu’elle a répondu à une demande que tout mon corps devait formuler.

– Tu n’en es peut-être pas conscient, mon Francis chéri, mais tu bandes comme un âne rien qu’à évoquer le souvenir de cette femme. Elle a imprimé sa marque sur toi d’une manière que je qualifierais d’indélébile.

– Indélébile, c’est le mot. Et oui, je bande en revoyant ces images comme si j’y étais encore ! Le souvenir en reste vivace, même si l’évènement remonte à plus d’une décennie. Je crois qu’il y aura toujours une place pour cette femme dans mes pensées. Pour en revenir à l’histoire, nous étions à la fin du second trimestre, et alors que je bavais encore en silence sans trouver le moyen de dire mon désespoir à Judith, ma mère a annoncé qu’elle allait devoir passer une bonne partie du dimanche suivant chez une de mes sœurs, je ne sais plus laquelle, ni pourquoi.

– Tu as des sœurs ?

– Oui, j’ai deux sœurs, plus âgées que moi. Et c’est le jour de cette annonce, qu’au moment de nous dire au revoir, Judith m’a susurré discrètement qu’elle m’attendrait chez elle en tout début d’après-midi. Inutile de te dire dans quel état j’ai attendu l’arrivée de ce jour béni !

– Regarde-le, il revit cet évènement comme s’il y était !

– Je vois bien, Cromec. C’est bon pour ton initiation à toi aussi. Posséder sa première femme, ou se donner à un homme pour la première fois, peut laisser parfois un souvenir inoubliable, Certaines initiations n’ont rien à voir avec le fait habituel et courant de tirer un coup avec le copain ou la copine. Ce qui s’est passé entre cette Judith de trente-huit ans, initiée à l’amour, et les dix-sept ans avides de découverte d’un Francis subjugué, semble bien être dans ce cas. Mon premier coup, à moi, ne m’a laissé qu’un souvenir d’inachevé.

– Mais tu t’es rattrapée avec Jérôme.

– Heureusement ! Cependant c’est cette impression d’inachevé qui m’a tout de même rendue méfiante et incitée à essayer Jérôme sur la durée, comme tu l’as si bien dit au début de notre collaboration. Maintenant mon squatter de tous les instants devrait faire silence. Laissons s’entretenir nos amoureux. Les écouter développer eux-mêmes cette liaison devrait être plus savoureux que de n’entendre qu’une fade relation de faits.

– Quand, frémissant d’impatience, j’ai sonné à sa porte, confirme justement Francis toujours prisonnier de ses souvenirs, elle m’a juste crié de l’intérieur :

– Entre, c’est ouvert, et ferme à clé derrière toi.

– Elle m’attendait au milieu de son salon, debout, nue. Elle était encore plus belle et désirable que je n’avais pu l’imaginer. Je l’avais vue plutôt sportive, mince, longue, mais je la voyais aussi maintenant avec une chair voluptueuse, des seins lourds, un ventre plat qui orientait le regard vers le pubis saillant et totalement glabre. Et pour auréoler cette apparition, il y avait un sourire d’accueil à damner un saint qui planait sur son visage qu’encadraient ses cheveux d’ébène magnifiquement étalés sur ses épaules. C’était un sourire qui me disait d’emblée que j’étais attendu, voulu, espéré, désiré. Pour que rien n’échappe à mon regard avide, elle avait fait lentement un tour sur elle-même, bras et jambes légèrement écartés, en marquant une courte pose sur ses fesses tout aussi aguichantes que le reste, avant de revenir face à moi et me dire sans détour :

– Je me suis préparée pour toi, pour qu’aucune parcelle de mon corps, même la plus secrète, ne puisse t’être étrangère, tu le ressens ? Et tu devines combien j’ai moi aussi envie de toi ?

– J’ai baragouiné quelque chose comme : Ou… oui… avant qu’elle ne poursuive :

– Mais c’est aussi pour que tu découvres tout ce qu’il y a de voluptés et de délices pour un homme viril à fréquenter intimement le corps de la femme, le mien aujourd’hui, et ceux qui se dévoileront pour toi dans l’avenir. Et maintenant à mon tour de me réjouir les yeux et le ventre, déshabille-toi que je puisse voir tout le désir que tu as de moi, car moi aussi j’attends ce moment depuis des jours, car moi aussi j’ai imaginé ton corps contre le mien et dans le mien, car oui, moi aussi, j’ai follement envie de toi !

– J’ai fait les gestes qu’elle me demandait comme dans un rêve. Je n’avais sur le dos qu’un tee-shirt et un blue-jean et lorsque j’ai retiré mon slip, mon sexe a jailli avec toute la force du désir que m’inspirait la vue de sa nudité et du besoin que j’avais d’elle depuis des jours et des nuits. Elle s’est avancée et elle a pris mon sexe dans ses mains et l’a pressé fortement.

– Comme il est dur, comme il est beau et comme je vais aimer le sentir dans ma chatte, a-t-elle dit en se collant à moi et en m’embrassant. Elle a glissé sa langue dans ma bouche et cherché le contact avec la mienne et j’ai découvert que c’était aussi une sensation érotique extraordinaire. Sa langue dans ma bouche et mon pénis collé entre nos ventres m’ont soudain libéré de cette paralysie qui avait fait de moi un robot aux ordres depuis la vue de son corps nu et j’ai esquissé un geste vers ses seins, geste auquel elle n’a pas laissé le temps de prendre forme.

– Non, mon tout tendre chéri, après tu pourras faire sur moi tout ce que tu voudras, avec tes mains et tout le reste, mais d’abord je veux être la première à empaler un corps de femme sur cet épieu magnifique qui n’a connu que les plaisirs incomplets et solitaires qui l’ont maintenu dans un état de pucelage plus virtuel que réel. J’imagine bien que tu n’as pas manqué de marquer mes passages par de solides masturbations perturbatrices pour son prépuce. En cet instant je veux te prendre, moi, pas que tu me possèdes. Ce sera une petite satisfaction pour compenser le sentiment de culpabilité de la femme engagée envers un autre et que son âge aurait dû mettre à l’abri d’un désir sexuel aussi impératif et violent qu’indécent pour un novice en amour.

– Et après ces mots qui n’ont fait qu’exaspérer encore plus mon envie d’elle, elle m’a pris par la main pour me conduire jusqu’à sa chambre puis son lit et me faire m’y allonger sur le dos. Elle m’a encore regardé de la tête aux pieds avec des yeux avides sur mon sexe puis elle s’est hissée sur le lit et s’est assise sur mon bas-ventre, les genoux placés de part et d’autre de mes hanches, écrasant ma verge dans le brûlant contact avec sa vulve. Quand elle s’est soulevée pour prendre à deux mains ledit épieux devenu douloureux, ses yeux brillaient d’un éclat qui disait bien tout le bonheur qu’elle attendait de cette possession. Je pouvais voir ses lèvres d’amour gonflées et prêtes à engloutir mon pénis qu’elle caressait en le massant tout doucement pour éviter de le faire cracher prématurément. Elle l’a redressé, elle a avancé son bassin, placé le gland devant l’entrée de sa chatte qu’elle avait entrouverte avec ses doigts et avec une visible délectation, les yeux clos, elle l’a englouti entièrement en s’empalant dessus. Elle avait raison, et c’est la brutalité de sa prise de possession plutôt que l’ouverture définitive de mon prépuce qui m’arracha un petit cri. Investie au plus profond de son vagin elle laissa échapper un immense soupir avant de se pencher, de prendre ma tête dans ses mains et de m’embrasser en cherchant à nouveau ma langue. Sur ma poitrine je sentais la pression de ses seins tandis qu’elle bloquait son bassin. J’ai planté mes ongles dans ses fesses et je me suis tétanisé dans l’attente d’une libération dont elle ne pouvait pas ne pas sentir tout la violente urgence. Je ne savais plus qu’une chose, que j’allais d’un instant à l’autre cracher mon sperme dans la fente offerte de cette femme que je rêvais depuis des semaines de posséder et qui était mienne enfin.

– Doucement, m’a-t-elle dit, en décollant ses lèvres des miennes, laisse-moi goûter encore ce court instant où je prends ce qu’il te reste d’innocence avant de te sentir te répandre dans mon ventre.

– J’aurais voulu lui obéir et j’ai essayé, mais lorsqu’elle a repris ma bouche et rentré sa langue à la recherche de la mienne, j’ai crié entre ses lèvres et je me suis vidé longuement dans une succession de jets puissants qui m’ont ouvert comme un aperçu de Paradis. Elle a démarré à son tour, elle me l’a dit ensuite, lorsqu’elle a senti au fond de son vagin la violence des jets de sperme qui accompagnaient mes cris de délivrance. Ensuite nous sommes restés immobiles, soudés et silencieux, ne faisant plus qu’un seul corps. Je n’avais aucune idée de ce qui pouvait advenir après un tel déchaînement, mais j’étais si bien dans ce ventre chaud qui m’avait accueilli et semblait vouloir me garder, que je n’ai pas été étonné lorsque mon pénis, qui n’avait guère perdu de sa rigidité, s’est à nouveau manifesté en percevant l’arrivée de nouvelles contractions dans le vagin. Judith avait certainement conscience de mon incertitude quant à ce qu’il y avait lieu de faire en la circonstance car elle me le dit sans ambages :

– Ne bouge pas encore, mon amant chéri, laisse agir ces liens de chair qui nous unissent si merveilleusement bien et qui se préparent pour nous le faire savoir à nouveau. En cet instant je voudrais ne plus pouvoir me libérer de ton pénis, le garder enfermé dans ma chatte et sentir éternellement leur commun besoin de nous faire jouir. Sens les qui manifestent en alternance leur montée en puissance avec l’évidente volonté de nous renvoyer dans les limbes de la jouissance.

– Qu’est-ce qu’il raconte bien, tu ne trouves pas ?

– Si. Et tu sens très bien que je mouille comme si j’étais cette femelle en chaleur envahie au plus profond de son ventre par un jeune puceau en possession d’une bite gigantesque et brûlante. Je voudrais être elle, assise sur un Francis de dix-sept ans avec son épieu fiché au fond de mon con et sur le point d’y cracher son jus pour qu’éclate en nous un orgasme délirant.

– Toi aussi tu racontes formidablement ce qui se passe bien au-delà de ton con, comme tu dis. Par moments, dans le déchaînement de tes sens, tu changes de vocabulaire et de manière de t’exprimer. Il faudra en parler plus tard. Tu penses qu’il va continuer à nous faire jouir ?

– Je crois surtout que je ne supporterai plus trop longtemps de le sentir avec cette intensité dans une autre chatte que la mienne sans lui sauter dessus, même s’il n’a plus ses dix-sept ans.

– Je te signale, pour le cas où tu te laisserais emporter par ton imagination, que c’est avec ce même Francis que nous baisons depuis la nuit dernière.

– Je ne suis pas stupide, Cromec, c’est juste que je vis intensément la possession dans le corps de cette Judith, mais que ce n’est pas au fond de mon vagin, dans moi, moi Magalie, qu’il va éjaculer dans les secondes qui viennent pour m’envoyer dans les limbes de la jouissance, comme elle lui a dit. Je suis à la fois elle et moi, mais c’est dans elle qu’il va cracher ce sperme qu’elle va accueillir comme une bénédiction.

– Autrement dit tu voudrais qu’il continue à se dépuceler avec Judith, mais que ce soit nous qu’il saute pour ce faire.

– Voilà, tu as tout compris. Une confirmation à propos du pucelage, comme l’a dit Judith il n’était plus que virtuel, Francis ayant effacé le problème depuis un moment avec la masturbation intense et assez violente à laquelle il s’était livré après chaque visite.

– J’avais compris, inutile de me faire un nouveau dessin. Je vais peut-être découvrir le pourquoi et le comment de votre fonctionnement sexuel, mais je ne suis pas près d’accéder aux méandres psychologiques du cerveau de la femelle humaine. En attendant, et comme je suis avec toi quasiment dans la peau de cette femme, je peux te dire qu’elle ne va plus attendre longtemps avant que Francis n’éjacule. Elle le lui dit plus que clairement d’ailleurs :

– Ma chatte est si contractée autour de ton pénis, qui me brûle, qu’elle ne lui laisse plus aucune liberté. Elle l’emprisonne avec toute la force et la violence de son désir. Je ne peux plus attendre ! Viens maintenant, mon chéri ! Viens ! Baise-moi, aime-moi, décharge ta semence au plus profond de vagin que je la sente gicler encore !

– Elle m’a dit ces mots, confirme Francis, avec une force et un quelque chose dans l’intonation, qui ont décuplé le sentiment d’être parvenu à atteindre et à donner du sublime lorsque le sperme s’est propulsé au travers de mon pénis. L’orgasme a ébranlé mon corps et celui de cette femme tant désirée, pas seulement le mien, avec plus d’intensité que le précédent et ne nous a rendus à la conscience du présent que longtemps après et littéralement sonnés. Elle est restée étendue sur moi, lourde et enveloppante, jusqu’à ce que nos chairs aient cessé de tressauter et que nous ayons retrouvé le son de nos voix. Comme nous l’avons compris ensuite, cette expérience avait été quelque chose d’irréel, d’irraisonné, de sublimé, comme si brutalement un courant à fort voltage avait court circuité nos corps.

– Quelque chose comme ce qui nous est arrivé cette nuit quand tu t’es laissé tomber sur moi et que j’ai guidé ta verge pour qu’elle s’enfonce d’un coup dans ma chatte. À ce moment-là aussi, mon Francis d’amour, il y a eu comme un puissant courant électrique entre nous. Judith et toi, vous avez fait quoi après ce florilège ?

– L’après-midi était bien entamé et nous avions eu notre compte d’émotion. Nous avons pris une douche…

– Ensembles ?

– Ensemble, évidemment, et elle m’a savonné consciencieusement du haut en bas sans omettre mon instrument, qui n’a pas manqué cette occasion de reprendre de la vigueur, avant de me demander d’en faire autant sur elle et de mettre beaucoup d’application et de délicatesse pour aller chercher avec mes doigts les petites bestioles logées dans son intimité par Arthur.

– Et ça c’est terminé, si j’en crois ce besoin impérieux qui règne dans la mienne de chatte, par une nouvelle introduction dudit instrument dans ladite intimité.

– Eh non ! Elle m’a dit qu’elle avait emmagasiné suffisamment de coupable plaisir pour une seule journée et qu’Arthur devrait patienter jusqu’au mercredi après-midi suivant avant de franchir à nouveau la porte de ses lèvres d’amour.

– Le mercredi suivant ?

– Et aussi le dimanche d’après, puis encore le mercredi et comme ça deux fois par semaine, sans compter les extras, car il y en a eu quelques-uns, et avec la complicité évidente de ma mère. Ma mère qui avait à l’évidence très vite compris la raison de ma présence systématique quand son amie lui rendait visite et sans doute constaté aussi que Judith était loin d’être restée indifférente aux phéromones que je dispersais dans l’air.

– C’est donc avec l’approbation et la bénédiction maternelle que vous avez forniqué au moins deux fois par semaine, sans crainte ?

– Oui, et sans modération, et à la réflexion nous nous sommes dits que cela avait dû lui permettre de vivre sans inquiétude cette période de mon entrée dans l’âge d’homme. Elle n’avait peut-être même jamais été chez mes sœurs. Une femme mure, saine, sans complexes, équilibrée, fortement désirée et temporairement disponible, devait être plus à même de faire au mieux l’éducation sexuelle de son fils qu’une copine de son âge sautée entre deux portes.

– D’autant qu’entre deux portes c’est souvent sans précautions, vite fait, et avec en plus des conséquences possibles provoquées par l’injection de quelques millions de spermatozoïdes agiles et intéressés, et de plus, comme ça a été mon cas, l’impression fausse qu’on donne à cette mixion mâle femelle plus d’importance qu’elle n’en a en réalité. Une impression qui peut perturber toute une vie sexuelle si elle n’est corrigée. Cela dit, la communion sacrée entre vos parties sexuelles a duré combien de temps ?

– Un peu plus de trois mois. Jusqu’au tout début des vacances scolaires.

– Un peu court, non ?

– Suffisant en tout cas pour m’imprégner des mystères et des complexités de nos corps, de leurs saveurs, toutes choses dont les filles de mon âge n’avaient sans doute même pas idée, en tout cas pas encore et peut-être jamais pour certaines.

– Et elle ne s’accrocherait pas à tes basques avec des histoires d’amour et de fidélité.

– En tout cas elle faisait comme si aucun attachement ne devait s’instaurer entre nous. Avec moi elle dégustait et me faisait découvrir le sexe pour le sexe. J’avais le sentiment d’atteindre, grâce à l’offrande inconditionnelle de sa chatte et de toute son anatomie, le plein épanouissement du corps et de l’âme, et toujours dans la joie et le plaisir.

– La joie et le plaisir dans le sublime, quoi !

– Mais oui, n’ironise pas ! Et aussi dans le rire. Avant de faire l’amour, elle demandait parfois à Arthur s’il était aussi en forme qu’il en donnait l’apparence par sa volonté à paraître toujours raide et gonflé, s’il était prêt à venir en elle et de participer activement à l’union de nos corps, et quand cette union était consommée elle le prenait à deux mains et l’embrassait en lui disant « Merci Arthur ». Pour Judith, se livrer à l’acte de chair, c’était du bonheur.

– Elle avait peut-être aussi besoin d’Arthur pour son hygiène mentale. C’était peut-être lui qui l’intéressait plus que toi.

– Oui et non. Elle avait peut-être plus besoin de lui que de moi, mais, elle le disait, sans moi pas d’Arthur. Et je n’ai jamais eu aucun doute sur le fait qu’en m’enseignant l’usage de son corps de femme, si elle prenait intensément sa part du plaisir, elle faisait toujours en sorte qu’il soit totalement partagé.

– Et que faisiez-vous d’autre, à part jouer à papa maman ?

– Je vois où tu veux en venir. Que faisions-nous de moins classique que le chevauchement à la missionnaire, c’est ça ? Nous commencions assez souvent par ce qui nous avait si bien réussi la première fois, strip-tease puis dépucelage et toujours avec autant d’efficacité car la retrouver nue et offerte me faisait systématiquement bander aussi solidement et que mon érection lui faisait toujours autant d’effet. Mon désir d’elle n’a pas faibli un seul instant pendant toute la durée de notre relation. Après cette sublime et jubilatoire entrée en matière, elle a initié le novice que j’étais à tout ce qu’il était possible de faire avec les mains ou les doigts, avec la langue, avec les caresses ou les massages, et bien sûr le sexe dans tous les orifices du corps et dans de nombreuses positions. Jamais dans la contrainte ou la douleur. Je me répète, mais elle n’aimait et ne savait conjuguer l’union de nos corps que dans la joie.

– Tu la suçais ? Elle te suçait ? Tu l’as prise par derrière ? Je veux dire par le cul ?

– Et pas que ça ! Oui. Pour le cul aussi, comme tu résumes cet épisode. Elle m’avait dit n’avoir eu un peu mal par le sexe, lors de sa propre initiation, qu’à l’occasion de son premier rapport annal. Celui qui avait emprunté ce passage moins usité, son premier mari en l’occurrence, ne disposant pas de lubrifiant et un peu trop pressé d’aboutir, n’y avait pas mis suffisamment de délicatesse, d’où la douleur, mais qu’ensuite elle avait éprouvé souvent autant de plaisir à être prise comme ça.

– Tu es certain d’avoir bien compris ?

– Aucun doute. Judith m’a demandé d’utiliser cet étroit passage arrière, de l’enculer puisque c’est le mot exact, plus d’une fois et j’ai pu en constater les effets magnifiques dans ses envolées vocales. Pour elle, puisque le minuscule petit bouton si sensible du clitoris n’est que l’infime partie visible et palpable d’un organe sensoriel comparable à un poulpe avec ses tentacules répartis dans tout le vagin, il est de ce fait aussi stimulé lors d’un rapport annal, la paroi entre les deux conduits étant très ténue. Certaines adeptes de cette pénétration disent jouir encore plus intensément.

– Le départ de Judith pour l’Afrique a dû être une déchirure. Pauvre Arthur et pauvre Francis !

– Arthur s’est vite consolé dans d’autres chattes. Moi, j’avais acquis une solide expérience et les filles sont loin d’être toutes aussi farouches que je l’avais parfois imaginé. Et puis mon aventure avec Judith s’était ébruitée et quelques-unes de ces demoiselles avaient détecté dans son départ une raison de venir se frotter à l’esseulé. J’ai eu du choix, mais je n’ai pas trouvé tout de suite, dans ces vagins jeunes, variés, déjà fréquentés ou à déflorer, la plénitude, la liberté, pour tout dire, le goût de l’amour charnel qui m’avait uni à Judith. Enfin, c’est du passé et aujourd’hui il y a toi et cette attirance irrépressible et exceptionnelle entre nous et c’est tout ce qui compte. Au fait, tu l’appelles comment, toi ?

– Comment j’appelle qui ?

– Celle qui fait si délicieusement fête à Arthur depuis cette nuit.

– Elle n’a pas vraiment de nom. C’est ma liline. Quand j’en parle ou que je pense à elle, c’est ma liline, pas mon sexe, ma fente, ma vulve, mon con ou mon vagin. Toute petite je l’appelais déjà ma liline, je ne sais pas comment c’est venu et j’en suis resté là. Et Judith, elle l’appelait comment ?

– Aucune idée. Tout au plus parlait-elle volontiers de son nid d’amour. Ta liline. C’est beau et ça chante à l’oreille, ça donne à la chose et à son bouton comme un goût de bonbon à sucer. J’aime la chose et son petit nom, ma chérie. C’est tellement plus savoureux que foufounette.

– J’ai dans l’idée que tu vas trouver dans ce mot de quoi te mettre en appétit à la prochaine occasion et ça n’est pas pour me déplaire. J’ai faim !

– Voilà qui peut se traduire par sauter du coq à l’âne car je crois comprendre que tu as faim de nourritures terrestres et non sexuelles. Mais tu as raison et soudain je constate que mon estomac a au moins autant besoin de cette nourriture solide que l’ami Arthur de ta succulente liline. Le récit de mes premières turpitudes sexuelles nous a fait oublier l’heure. Je mets les repas au micro-ondes.

Cromec se manifesta tandis que Magalie s’étirait voluptueusement en attendant le signal du repas, tardif mais indispensable.

– Pour se maintenir en état, votre corps d’humain a besoin de nourriture solide, matérielle et c’est toi qui as été la première à dire que tu avais faim !

– Je sens comme une sorte de mépris dans ta manière de considérer ce corps humain que tu as investi sans permission et qui a besoin de se sustenter. Jusqu’à présent j’avais pourtant bien l’impression que tu en appréciais certaines capacités !

– Tu as raison, je suis injuste. Je retombe dans l’avant Magalie, quand je n’étais encore qu’une forme d’énergie s’abreuvant d’énergie et qui ne savait rien du pouvoir de ce sexe dont nous sommes dépourvus, pour ne pas dire privés, et qui ne peut fonctionner que s’il a reçu son content de calories.

– Je te préfère comme ça, avec des regrets ! Tu as aimé ce que nous avons fait dans le sable ?

– Un peu trop rapide à mon goût, quoique très efficace tout de même.

– Il devient exigeant en plus ! Tu n’envisagerais pas de me dire ce que je dois faire de ma chatte, par hasard ?

– Je n’ai pas les connaissances nécessaires pour cela. En tout cas pas encore ! Je te rappelle que je suis venu dans ton corps pour en goûter les extases dans le plaisir sexuel et déguster ta vie au travers de cette fente miraculeuse. Celles qui te succéderont risquent que se découvrir des exigences qu’elles ne soupçonnaient pas ! Il n’y aura pas de vulve revêche avec moi présent, je peux te l’assurer.

– Si tu optes pour investir et emprunter le corps d’une femme mariée, un tantinet distante ou sujette à des migraines soudaines à l’heure de se coucher, il risque d’y avoir du chamboulement dans son ménage ! L’idée qu’un entrejambes sage, n’accueillant le mâle qu’avec condescendance et à jour fixe, par devoir plutôt que par goût, pourrait se transformer, tout d’un coup, en un vagin insatiable et gourmand de bites acérées me réjouit au plus haut point ! En parlant de ce que tu découvrais par l’intermédiaire de mon sexe, il y a à peine quelques heures, tu disais que le récit de ton expérience risquait de provoquer la ruée des tiens sur les femelles humaines. Je me demande si ça ne serait pas plutôt une bonne chose. Il y a tellement de frustrés des deux sexes qui retrouveraient le plaisir de vivre !

– Tu me conseillais les nymphomanes pour ma propre éducation et maintenant tu évoques le bien que nous pourrions apporter aux frigides et aux frustrés en nous investissant dans une mission de sauvetage à caractère sexuel ! Si je fais cette proposition à mon peuple, après avoir expliqué ce que j’éprouve depuis hier au soir, l’accord sera unanime et la ruée fantastique !

– Ce ne doit être qu’un fantasme, Cromec. Je ne voudrais pas provoquer la transformation de la planète Terre en un gigantesque lupanar ! Surtout si vous investissez aussi des hommes et pas seulement des femmes et que via leurs copulations vous en veniez, de fait, à pratiquer alors l’amour entre vous ! Je n’ose pas imaginer le véritable déchaînement qui s’ensuivrait ! Les murs de la planète résonneraient de l’écho de vos orgasmes.

– À table, le repas est chaud, appela Francis, ramenant Magalie à la réalité.

– À plus tard, au prochain mélange.

– Quel mélange ?

– Celui de vos bas-ventres, tiens !

– Obsédé !

– Obsédé et heureux de l’être devenu ! Pour toi le sexe fait partie intégrante de la vie des humains, pour moi c’est la prise de conscience d’une énorme carence qui afflige tout un peuple.

– Carence à laquelle tu comptes remédier, je sais. Mais ne te précipite pas trop, rien ne te dit que tous les tiens y trouveront le même plaisir, ni qu’à la longue tu ne finiras pas par te lasser.

– Je verrai à l’usage. N’oublie pas que je peux influencer la personne à laquelle je m’attacherai et lui faire prendre goût à la chose. Pendant que tu manges je vais réfléchir au type de propriétaire de chatte qui me conviendra le mieux.

Une demi-heure plus tard, les estomacs repus, Francis prit la main de sa maîtresse et l’attira vers l’escalier conduisant à l’étage.

– Direction la chambre à coucher ? demanda Magalie avec un brin d’espièglerie.

– On peut s’y arrêter, si tu veux, mais c’est aussi par l’étage que l’on accède à la terrasse. Grand air avec vue sur l’océan et discrétion assurée.

Un étroit couloir desservait des chambres mansardées et ouvrait sur ladite terrasse orientée vers la mer et invisible de la route. Celle-ci recouvrait une bonne partie de la surface du salon du rez-de-chaussée. Une balustrade en fer forgé sur laquelle des cannisses avaient été fixées abritait des regards depuis la mer. À l’intérieur, tout du long, des bacs en pierre reconstituée attendaient les beaux jours et l’âme charitable indispensable pour se couvrir de plantes vertes ou de fleurs.

Magalie s’avança pour faire un tour d’horizon et Francis, qui était retourné sur ses pas, revint avec deux épais matelas en mousse qu’il posa côte à côte avant de s’allonger sur l’un d’eux et d’arrêter son regard sur le côté pile de la jeune femme. Appuyée sur la balustrade par-dessus les bacs, elle faisait involontairement ressortir et la rondeur splendide de son fessier agrémenté d’un petit orifice rose et, entre ses cuisses légèrement ouvertes, le renflement de ses grandes lèvres enserrant la fente étroite du nid d’amour. Francis senti immédiatement se réveiller un violent désir. Il tenta de le calmer en se retournant sur le ventre et en se promettant de ne pas laisser sans suite cette attirance immodérée pour la face postérieure et le petit orifice rose de sa délicieuse maîtresse. Il se laissa aller à une feinte torpeur digestive et lorsque Magalie tourna le dos à l’océan elle le découvrit allongé et somnolent. Elle réagit en se jetant en avant et en s’asseyant sur la croupe offerte, ses genoux emprisonnant la taille du garçon.

– Espèce de lâcheur ! fit-elle en le frappant de ses poings.

– Dormir…

– Pas question ! Tu dormiras quand je serai partie ! Regarde-moi dans les yeux et répète que tu veux dormir.

Francis se tourna sans hâte, glissant entre les cuisses qui l’enserraient, Il était tout à fait réveillé et il avait un œil rigolard qui fit immédiatement réagir sa partenaire, ce qui lui valut une nouvelle volée de coups de poings. Penchée sur lui elle frappait à la fois avec les poings et les avants-bras.

– Sale type ! Tu te fiches de moi !

– Un tout petit peu. Je cherchais juste à me calmer en me mettant sur le ventre et je doute que cette tentative puisse résister longtemps à ton arrivée.

– Tu voulais te calmer de quoi ?

– De la vue de ce cul magnifique qui te suit partout et que tu as si bien mis en évidence en te penchant sur la balustrade. J’ai eu droit à une érection aussi brutale qu’énorme et une envie de visiter le petit orifice rose qui s’y cache… Je te dis que ça !

– C’est vrai que j’ai un joli cul, d’ailleurs tu me l’as déjà dit hier au soir. La pleine lune, tu te souviens ?

– Je ne risque pas d’oublier ! Je n’ai qu’à fermer les yeux et je revois ce portrait qui a marqué mon imagination et qui me met instantanément dans des dispositions qu’il n’est pas nécessaire de te décrire.

– Eh ! Il a pratiquement trouvé l’entrée tout seul !

– Quoi ? Qui ? Quelle entrée ?

– Tu ne sens pas ? Au moment où tu as dit que la vue de mon postérieur te mettait dans des dispositions plus que favorables j’ai juste esquissé un léger mouvement de recul du bassin pour m’incliner et te frapper et ton pénis s’est enfoncé d’un seul coup dans ma fente. Elle était juste assez ouverte pour lui ouvrir le passage sans se rebiffer. À force de se retrouver nez à nez, ils prennent l’habitude de se passer de notre permission.

– Je le croyais seulement écrasé entre nos ventres. Il devait avoir la tête juste devant tes lèvres d’amour et il a su en profiter. Et maintenant ?

– Maintenant je le sens qui vit. Son entrée par effraction semble l’avoir émoustillé. Il vibre. Il s’allonge encore. Il grossit. Il se fait de la place là où il n’était pas encore prévu et c’est bon ! J’aime !

C’était même si bon que les tétons de Magalie commencèrent à gonfler sous le regard intéressé de Francis qui n’eut pas le temps de les saisir comme il s’apprêtait à le faire car la jeune femme s’affala complètement sur lui, écrasant ses seins contre sa poitrine et enfouissant son visage dans son épaule. La prise de position eut pour effet de rendre le contact entre les deux ventres encore plus étroit et d’ouvrir totalement l’accès au doux fourreau dans lequel le dard s’était aventuré.

Étroitement imbriqués les amants s’immobilisèrent dans l’attente de la première contraction spontanée du vagin. Lorsqu’elle survint la jeune femme se redressa, bien assise sur le pubis et avalant entièrement le pieu qui la remplissait, les yeux clos, elle commença à mouvoir lentement son bassin, en rond, sans se décoller de son partenaire. Peu à peu la tension provoquée par le besoin d’aboutir devint plus perceptible, mais ni l’un ni l’autre ne prit l’initiative de précipiter le mouvement.

– J’ai l’impression que mon cœur va exploser si je ne jouis pas très vite, bredouilla cependant Magalie, mais en même temps je voudrais que ça dure, que ça dure, indéfiniment !

Elle n’obtint aucune réponse du garçon dont les mains, jusque-là posées sur sa taille, glissèrent le long de ses hanches avant de se plaquer sur son fessier tétanisé par l’attente de l’orgasme imminent. Puis un index aventureux se glissa entre ses fesses à la découverte de l’anus qu’il massa doucement avant d’en forcer l’entrée.

Magalie, dont le rythme cardiaque s’était encore accéléré sous la caresse inattendue, réagit à cette intrusion en se cabrant et en aspirant bruyamment, bouche ouverte. Dans le même temps l’orgasme tant attendu s’abattit avec brutalité. En un instant la jeune femme se transforma en une sorte de poupée désarticulée, agitée de spasmes incontrôlables autour de son sexe toujours soudé à celui de son homme qui n’avait pas retiré son doigt du petit trou dans lequel il s’était aventuré et dans lequel il manœuvrait pour rappeler sa présence. Les yeux révulsés Magalie respirait par à-coups, bruyamment, dans une longue plainte, les mains maintenant enfouies entre leurs ventres et crispées sur son pubis.

Pris de court par la rapidité et la violence de l’orgasme qu’il avait déclenché, il fallut à Francis quelques secondes avant de rejoindre sa compagne dans son délire. Les mouvements imposés par le vagin en éruption autour de son épieu malmené, mais inflexible, jetèrent à leur tour le garçon dans une même frénésie et très vite il perdit toute notion de réalité. C’est, enfin vidé de son sperme, qu’il put reprendre pied lentement, tous les muscles endoloris. Magalie, redevenue silencieuse, était toujours agitée de convulsions. Après avoir retiré son index du petit orifice il attira Magalie contre lui et l’entoura de ses bras.

La tête posée sur l’épaule de son amant, la jeune femme mit un long moment avant de calmer son cœur et son corps. Elle demeura silencieuse, incapable de remettre de l’ordre dans ses pensées. Profitant du vide momentané, Cromec se manifesta :

– C’est de la folie ! J’ai cru un moment que ton cœur allait s’emballer au-delà de ce qu’il pouvait supporter ! Comment les humains font-ils pour se sublimer ainsi ? La délicate intrusion de l’index dans ce petit orifice annal aurait-il quelque chose à voir avec ta réaction ?

– Sois gentil, ne me demande rien maintenant. Je suis presque morte de plaisir et je n’ai pas les idées bien en place !

– Je sais. Pendant un moment j’ai cru que j’allais exploser en millions de particules d’énergie. Si tu pouvais me voir ! Je me sens éclatant de lumière. Je suis gavé d’une force phénoménale. Chacun de tes orgasmes, désormais, m’apporte une nouvelle dose de puissance. Tu jouis et je m’épanouis. Dès l’instant où la verge de ce type te pénètre j’ai maintenant la sensation de me brancher sur une prise électrique.

– C’est désagréable ?

– Au contraire ! C’est ma façon à moi de jouir. Il m’a fallu un certain temps pour le comprendre. Chaque fois que vous grimpez aux rideaux, moi je me gave d’énergie.

– Ce n’est pas un peu frustrant, tout de même ?

– Frustrant ? Que non. Mes sensations sont évidemment différentes des tiennes, mais la jouissance est là. Cette énergie qui m’envahit c’est mon orgasme à moi et je le ressens avec autant de bonheur que toi. Ton cœur se calme. Tu n’as pas peur qu’il ne s’emballe trop ? Je veux dire définitivement ?

– Je commence à croire que nous avons été fabriqués, avant tout, pour les plaisirs de l’amour et que nous sommes en mesure d’utiliser ce que tu prends pour des excès dans le but de renforcer notre tonus. Mais je ne suis pas vraiment en état de philosopher, Cromec. Je ne sais pas ce qu’envisage mon séducteur, mais moi, en tout cas, je vais me faire une bonne sieste avec au moins quelques centimètres d’espace entre lui et moi.

Ayant renvoyé Cromec à ses études, la jeune femme se libéra des bras de son amant après avoir effleuré ses lèvres d’un léger baiser, mais sans pour autant rejeter la verge redevenue discrète.

– Je suis morte et j’ai l’impression d’avoir été passée à la moulinette ! Comment Arthur fait-il pour avoir encore toutes ces ressources après tous les exploits auxquels il se livre depuis hier ? Je ne suis pas experte en la matière, mais j’ai tout de même quelques notions des limites que la nature vous impose.

– Il y a des tas de types qui savent faire bien mieux.

– Je sais qu’il existe des phénomènes de foires dans tous les domaines. Ma question c’est comment un être normal, car je te crois normal, peut-il se dépasser comme tu le fais ? Où trouves-tu les ressources pour nous envoyer en l’air avec une telle constance ? Ce n’est évidemment pas un reproche puisque j’ai plutôt tendance à en redemander

– Rien n’a changé depuis notre première rencontre et ta proximité suffit à tout expliquer. Là où une autre me donne des envies, toi tu déchaînes une tornade. Je n’en sais pas plus et je m’en fiche ! Je n’ai pas seulement le désir de te faire l’amour, j’ai besoin de me fondre en toi. Lorsque je te pénètre, je voudrais que ce soit tout mon corps qui entre dans le tien. Mais je t’ai déjà dit tout ça, même si ce n’est pas avec les mêmes mots.

– Que va-t-il se passer quand tu voudras faire l’amour à une autre ?

– J’y penserai le moment venu. De toute façon, si je rencontre un problème, il me suffira de fermer les yeux et de me représenter cette pleine lune qui a si bien su me mettre en ordre de bataille il y a peu. Je suis certain que le résultat ne se fera pas attendre et que la fille ne pourra que s’en réjouir. D’ailleurs…

– Ah non !

Magalie fit un bon en arrière, se libérant de la verge qui retrouvait déjà toute sa rigidité. Elle se mit debout, jambes écartées au-dessus de Francis, son sourire vertical le narguant, une goutte de sperme au bord des lèvres d’amour.

– Je vais faire un brin de toilette intime et expulser tes complices miniatures. Ils n’ont de toute façon aucune illusion à se faire sur le résultat de leurs multiples tentatives. Et après je fais la sieste et rien que la sieste !

Sans plus attendre, elle fit demi-tour et entra dans la maison. Elle n’en revint qu’une dizaine de minutes plus tard pour s’allonger sur le matelas qu’elle n’avait pas encore utilisé. Elle tourna ostensiblement le dos à son amant qui jeta un regard plus qu’admiratif sur la magnifique chute de reins qui lui était présentée avant d’aller à son tour passer sous l’eau ce pénis qui éprouvait de sérieuses difficultés à s’assagir.