Cromec Découverte

La plage, le soleil

Chapitre 10

Sur la plage Magalie secoua énergiquement Francis qui, totalement impliqué dans son récit, avait oublié et le temps et l’endroit et son existence.

– Reprends tes esprits, mon chéri, le soleil a fait du chemin tandis que tu faisais l’amour avec Maï en ma présence.

– Que veux-tu dire ?

– Que tu as une manière bien particulière de raconter ta rencontre avec cette Eurasienne dont le corps te met en émoi. Celle-là aussi tu la revisitais physiquement. L’évocation en était palpable.

– Palpable ?

– Mais oui. Chaque fois que tu la possédais, par-devant ou par derrière, sur le gazon, dans le lit ou sur une échelle, ta verge se dressait. Elle devenait aussi grosse et dure que lorsque c’est moi que tu prends. J’aurais pu en profiter sans même que tu te rendes compte de la substitution. J’ai bien failli le faire parce que moi aussi j’étais excitée par ta façon d’évoquer vos étreintes. J’en suis encore toute mouillée. Touche.

Francis glissa une main entre les cuisses ouvertes de Magalie et caressa ses lèvres d’amour avant d’introduire son index dans la fente humide de désir.

– Tu sens ? Ne retire pas ta main.

– Si tu en avais profité, comme tu dis, je serais revenu à la réalité.

– Évidemment. Je voulais juste mettre le doigt sur l’intensité de ce que tu ressens toujours pour elle. Cette fille t’a marqué. Elle est vivante dans tes souvenirs. Diablement vivante ! Tout comme Judith reste d’ailleurs toujours présente en toi. Tu as été amoureux de Maï ?

– Non, ni elle de moi, autant que je sache. Au début de ma rencontre avec toi je t’ai dit que j’avais une relation amoureuse depuis six ans. En fait, comme j’ai déjà rectifié, il n’y a rien d’amoureux entre Maï et moi. C’est purement physique, sexuel. Lorsque nous nous retrouvons, et c’est assez fréquent, les choses se passent comme aux premiers jours. Debout, couchés, assis, dans l’eau, sur un lit ou sur le gazon, le désir est toujours aussi intense. Mais pour mettre ce désir en branle nous avons besoin de nous voir. Pas de présence, pas de besoin. Ce n’est pas ça l’amour.

– Dans ton énumération tu as oublié la barque.

– Elle a beaucoup servi, même si la première fois le roulis nous a quelque peu préoccupés. Au début, parce qu’une fois dans le feu de l’action… Et nous avons recommencé après le pique-nique.

– Jean est bien rentré le lendemain, comme prévu ?

– Oui.

– Et il avait bien prémédité son coup ?

– Que oui ! Et il l’a d’ailleurs reconnu sans se faire prier dès qu’il a pigé que nous étions passés à l’acte. L’isolement dans lequel Maï s’était enfermée l’inquiétait depuis quelque temps et une sorte d’intuition lui est venue lors de sa rencontre avec moi, au cocktail.

– Un autre jeune homme aurait pu faire l’affaire.

– Ce n’est pas ce qu’il nous a dit. Il a organisé ce rapprochement parce qu’il a immédiatement senti que sa fille et moi étions faits pour nous accorder.

– Ce sont ses mots ?

– Tout à fait.

– Tu lui paraissais être le gendre idéal ?

– Ah non ! Dans son esprit Maï avait besoin de vivre une expérience sexuelle épanouissante, pas nécessairement de trouver un mari. Le mari, ce serait son choix à elle, mais pour cela il fallait éviter de la laisser se dessécher dans l’isolement et je tombais à point.

– Heureux homme ! Vous auriez préféré ne pas le voir rentrer aussi rapidement d’Italie, je suppose ?

– Il ne faisait que passer. Rentré ce soir-là, reparti le lendemain.

– Il tenait à savoir si sa petite combine avait donné des résultats et il est reparti satisfait.

– Probablement, mais ça, il ne nous l’a pas dit. À mon avis, il n’a pas dû s’en aller très loin. Sa maîtresse devait être impatiente de le recueillir et de le garder jour et nuit près d’elle.

– Raconte la suite.

– Que veux-tu que je te dise de plus, sinon que nous avons remis le couvert aussi souvent que nous en avions la force. Et le fait d’être à poil pratiquement tout le temps ne risquait pas de faire taire nos ardeurs. Il suffisait qu’elle courbe son corps pour ramasser un objet et je bondissais pour investir cette croupe qu’elle offrait d’ailleurs ostensiblement.

– Rien n’a changé ?

– Tu veux dire aujourd’hui ? Actuellement ?

– C’est ça. Vous avez toujours autant envie l’un de l’autre ?

– Sexuellement, oui. C’est toujours aussi intense qu’au premier jour.

– Pourquoi ne l’épouses-tu pas ?

– Je viens de te donner l’explication ! Entre Maï et moi s’est sexuel, uniquement sexuel. C’est une attraction purement physique. J’ai envie de pénétrer sa vulve lorsque je suis en présence de son corps et elle veut de mon pénis enfoncé en elle pour la même raison.

– Mais vous continuez à jouir l’un de l’autre avec la même intensité malgré les années ? C’est inconcevable s’il ne s’y mêle pas un peu de sentiment !

– Qui a dit qu’il n’y avait pas de sentiments ? Il n’y a pas d’amour au sens où nous le concevons généralement, sinon nous serions ensemble, mais il y a d’autres sentiments peut-être plus forts, plus durables, plus… Je ne sais pas, en tout cas, autres, magnétiques, et qui se déclenchent quand nous nous retrouvons. Le désir est un sentiment, la joie de posséder en est un, et celui d’être possédé aussi, du moment qu’ils sont voulus et appréciés.

– Tout compte fait, il y a assurément un puissant magnétisme qui vous lie, comme pour toi et moi.

– Avec toi il y a un énorme quelque chose de plus, un quelque chose qui fait la différence entre l’attrait purement sexuel et l’amour. Pour toi je suis prêt à aliéner ma liberté.

– Il y tient à sa déclaration d’amour ! Ma première déclaration ! Finalement ça valait la peine d’attendre et entre temps son récit ne t’a pas laissée indifférente. Il y avait beaucoup d’émoi entre tes cuisses pendant qu’il faisait l’amour à Maï.

– J’aurais du mal à le nier, il parle de la chose presque aussi bien qu’il la fait.

– Et par moments tu en étais quasiment à endosser la place de l’autre, en particulier sur l’échelle, dans la tour, quand il l’a prise par derrière et qu’avec ses doigts il triturait son clitoris tout en s’activant. Nous avons bien failli jouir aussi. Mais nous n’avons pas joui !

J’en suis désolée pour toi ! Je n’ai été prise que par le récit de Francis, pas par son pénis. J’ai beau avoir de l’imagination ce n’est pas tout à fait pareil.

– Je l’ai très bien compris, n’oublie pas que j’éprouve les mêmes émotions que toi. Dommage que tu n’aies pas été pucelle ! J’aurais bien aimé m’empaler comme Maï l’a fait pour se délivrer de sa virginité.

– Si tu poursuis ta quête, tu auras certainement l’occasion d’expérimenter ce passage obligé. Trouve-toi une fille comme Maï ou comme moi, une pour qui ce sera un acte de foi et pas seulement pour faire comme les copines, comme elles allument un jour leur première cigarette, ou comme ces gamines à peines nubiles que l’on donne en pâture à de vieux barbons et qui ne se remettent jamais totalement d’avoir été violée légalement.

– J’ai encore beaucoup à apprendre, je vois ! Tout n’est pas aussi beau que je le croyais dans cet assemblage entre mâle et femelle. Je suis heureux d’être tombé sur toi.

– Et sur Francis. Sans lui il t’aurait fallu attendre que je retrouve Jérôme.

– Celui-là j’espère pour toi qu’il a un sexe au moins aussi efficace que celui de Francis !

– J’ai tout lieu de le croire. Je l’ai expérimenté, souviens-toi. Mais je n’ai pas besoin de grimper au septième ciel dix fois par jour, ce serait tuant et je ne suis pas nymphomane. Avant de m’engager totalement avec Jérôme je veux savoir si nous nous supporterons bien au quotidien, même lorsque nous ne serons pas allongés l’un sur l’autre et si notre amour résidera aussi dans le bonheur d’être simplement l’un près de l’autre. Quand je parlais de volupté, ce n’était pas seulement à la jouissance sexuelle que je me référais, mais aussi à celle de vivre aux côtés de l’être aimé. Un amour durable ne peut exister que dans un certain équilibre entre le sexe et le cœur.

– Ce que tu vis en ce moment avec Francis n’y ressemble pas ?

– Ce que nous vivons est extraordinaire, mais il n’y a pas d’amour entre nous et je ne suis pas certaine que les élans de nos sexes puissent se transformer en élans du cœur. Mais je me laisserai peut-être tenter si Jérôme n’est pas l’homme de ma vie.

– Il y en a un près de nous qui se demande pourquoi tu ne réponds pas à sa déclaration. Il va peut-être s’imaginer que cette fois tu es troublée par son offre. Je cède la place.

Magalie baissa la tête pour regarder la main du garçon toujours posée entre ses cuisses, l’index ancré dans sa fente.

– Francis, je t’ai déjà répondu ! Maintenant rien ne dit que je n’aurai pas besoin de faire une petite escapade, de loin en loin, histoire d’échapper à la routine conjugale. Que feras-tu si je te téléphone un jour pour te proposer un week-end du genre de celui que nous vivons ?

– Je ne sais pas si ta voix, via le téléphone, aura les mêmes effets que ta présence, mais ce dont je suis certain c’est que dès l’instant où tu t’approcheras de moi tout se remettra aussitôt en place avec la même intensité. Aujourd’hui, dans un an ou dans dix, ce magnétisme qui pousse nos corps à se fondre l’un dans l’autre sera toujours aussi puissant. S’il avait dû, ne serait-ce que s’atténuer, j’en suis maintenant convaincu, nous en aurions déjà ressenti les effets, comme des piles en train de se décharger.

– Se décharger ! Je préfère ce mot quand il se rapporte à Arthur. Tu crois que dans quarante ou cinquante ans ma liline aura toujours envie qu’il se décharge en elle ? Nous serons vieux, fripés et passablement indifférents aux choses du sexe !

– Mais l’attraction qui existe aujourd’hui jouera certainement toujours sur nos corps. De là à imaginer… Épouse-moi et nous aurons toute notre existence pour laisser Arthur se décharger dans ta liline et suivre l’évolution des piles.

– Et Maï ?

– Maï, lorsque je la quitte après quelques heures ou quelques jours, je suis heureux des heures ou des jours vécus à ses côtés. C’est ainsi depuis six ans. Lorsque tu me quitteras, demain, c’est ton absence qui primera dans mon cœur. Toute la différence est là !

– J’ai bien compris. Si nous avions fait l’amour le soir où nous nous sommes rencontrés pour la première fois et où j’étais prête à me donner à toi à la seconde où nos corps se sont touchés, les choses auraient sans doute été différentes.

– Tu m’aurais peut-être ouvert ton cœur en même temps que tes cuisses.

– C’est plus que probable. Pourtant ce soir-là je n’ai pas senti au fond de mon vagin cet épieu qui n’a rien de comparable avec le doigt qui dort dans ma liline en ce moment. J’en ai connu des insomnies par manque de lui ! Mais depuis, il y a eu Jérôme. J’ai faim.

– Une fois de plus elle passe sans transition de son vagin à son estomac !

– Le récit de tes aventures avec Maï a dévoré les heures et maintenant j’ai besoin de nourriture terrestre consistante, ce qui devrait aussi être ton cas.

– En effet, maintenant que tu en parles. J’ai une idée pour après le dîner. Que dirais-tu de revenir admirer le coucher de soleil depuis ce coin de plage avant de prendre un bain de minuit ?

– L’idée est alléchante. Tu crois que la plage sera toujours aussi peu fréquentée et que nous pourrons garder cette tenue de peau qui nous va si bien ?

– Pourquoi veux-tu qu’il y ait plus de promeneurs avec la tombée de la nuit ? Et tu sais, sous la lumière des étoiles, une silhouette sera toujours une silhouette. Que tu sois ou non en maillot de bain cela fera exactement le même effet découpé sur l’océan ou sur le ciel. Tu auras toujours l’air d’être à poil.

– Tu ne m’apprends rien, mais ça, c’est bon pour moi. Je n’ai rien qui puisse faire douter. Mais toi, avec cet engin qui ne semble pouvoir exister que tendu et prêt à servir et qui te précède en permanence s’il n’est pas emprisonné ?

– Nous tâcherons de faire avec et si une jolie fille s’approche trop j’éviterai de me montrer de profil, à moins que tu ne me pousses à la consommer aussi.

– Pas vraiment mon genre, tu vois ! Les parties carrées ou seulement triangulaires je les laisse à ceux qui en ont besoin pour s’éclater. Pour moi, l’amour se fait à deux.

– C’est bien dommage ! Tu pourrais penser à moi ! Intervint Cromec.

– Toi, la paix !

– Comment veux-tu que je m’éduque si tu refuses ces petits à-côtés qui m’ont pourtant l’air rempli de perspectives du plus haut intérêt !

– Tu vas devoir te contenter de ce que je peux donner. Et n’insiste pas si tu veux que nous restions bons amis ! Autant que je sache, tu n’as pas encore eu à te plaindre de moi et si tu veux des expériences disons, plus poussées, cherche-toi une autre partenaire.

– Je vais faire avec, comme dit Francis.

– Parfait. Tu es en train de te constituer un répertoire pour tes prochaines violations de corps humain. Je t’ai déjà suggéré la nymphomane, les frigides et les frustrés, maintenant tu peux y ajouter les parties à trois ou à quatre, en attendant de trouver mieux.

– Tu devrais savoir que je te taquine alors ne te fâche pas ! Tes goûts sont les miens puisque je suis toi.

– Avec tes plaisanteries douteuses je découvre que j’ai le sexe chatouilleux !

– Le sexe chatouilleux. Amusant comme expression.

– Rien à voir avec l’habituel guili-guili. Maintenant laisse-moi !

Par crainte d’avoir froissé Magalie qui était soudain devenue silencieuse, Francis la prit dans ses bras et l’embrassa longuement dans le cou, comme pour s’excuser avant d’acquiescer :

– Bien sûr que l’amour se fait à deux. Rien que toi et moi.

– Rien que toi dans moi. En attendant, j’ai toujours faim !

C’est enlacés, un bras du garçon autour des épaules de la jeune femme et une main plaquée sur un sein, qu’ils retournèrent vers la maison pour faire fonctionner le four à micro-ondes afin de satisfaire leurs estomacs. Lorsqu’ils reprirent ensuite le chemin de la plage, le soleil était en passe de sombrer dans les flots. Francis, habitué de longue date à ces couchers de l’astre du jour, s’allongea sur le sable, à la limite des eaux qui revenaient à la conquête de la grève, tandis que Magalie restait debout face à l’océan qui lui léchait les pieds en clapotant. Bien stable sur ses jambes écartées, sa silhouette se détachant sur le disque de l’étoile orange, elle l’admira qui s’abîmait en laissant derrière lui un horizon peint en rouge.

– Quand le soleil est descendu entre tes jambes on aurait dit une boule de feu qui sortait de ton sexe pour féconder l’océan, déclara Francis que l’image rendait lyrique.

– Va savoir s’il ne s’est pas passé quelque chose comme ça, il y a bien longtemps, répondit Magalie en faisant face à son amant, la Déesse-Mère enfantant le vivant. Mais nous voilà bien loin de nos préoccupations du moment !

– Pas tellement. Pour enfanter, il a fallu que la Déesse-Mère soit fécondée, et la fécondation c’est quelque chose qui passe généralement par l’union entre un pénis et un vagin, et ça, c’est à notre portée.

La jeune femme se rapprocha de Francis toujours allongé et se positionna au-dessus de lui, un pied contre chacune de ses hanches, comme l’avait fait Maï la première fois, aussitôt après s’être présentée, nue et offerte. Le jeune homme s’assit et enfouit son visage dans la douce toison du pubis dont il respira voluptueusement l’odeur piquante provoquée par la montée de ce nouveau désir. Il en mordilla la chair délicate, glissa sa langue dans l’entrecuisse pour y cajoler les lèvres d’amour jusqu’à percevoir le trouble qui s’insinuait dans le corps de sa maîtresse. Alors, saisissant les hanches en émoi, il les tira à lui, forçant la jeune femme à s’agenouiller. Il la guida sur son membre érigé que la vulve béante avala goulûment. Ils s’immobilisèrent, ventres soudés alors que la marée, lentement, progressait et commençait à leur lécher les fesses dans ses allées et venues. Le garçon se pencha sur un téton rose et dur qu’il saisit délicatement entre ses dents ce qui provoqua un sursaut, mais qu’il relâcha aussitôt pour le lécher tendrement pendant que d’une main il caressait l’autre sein, faisait rouler le téton entre ses doigts ou glissait sur l’aréole devenue presque invisible dans la nuit.

Jusque-là attentive au plaisir qui montait en elle depuis que le pénis était enfoncé dans son ventre, Magalie força Francis à relever la tête et posa ses lèvres sur la bouche encore humide de la salive répandue sur sa poitrine. Sa langue chercha fougueusement celle du garçon, s’unit à elle, lui transmit le désir qui jaillissait du plus profond de son vagin dans lequel le dard commençait à s’émouvoir et à lancer des pointes.

L’océan s’étalait toujours doucement autour d’eux et chaque mouvement des corps faisait un clapotis en emprisonnant l’eau entre les peaux qui s’échauffaient. Francis, visiblement excité par la langue de la jeune femme, plaqua ses mains sur ses fesses et tout en les pressant pour donner plus de force à leur union, il insinua un doigt dans l’anus innocemment offert.

À ce contact Magalie sentit revivre une envie restée inassouvie et qu’elle s’était plus ou moins promis de connaître lorsque Francis avait fait ce même geste, un peu plus tôt. N’avait-elle pas aussi, depuis le début de leur relation, décidé de tout connaître de l’usage du corps et du sexe par cet homme ?

Ses lèvres sur celles du garçon elle murmura avec une émotion nimbée d’un peu de crainte :

– Fais-moi l’amour par le petit trou, fais passer Arthur par là où tu as mis ton doigt. Par toi je veux aussi connaître ça.

– Tu es sure de le vouloir, là, maintenant ? Comme ça sans préparation ?

– Il y a tout le lubrifiant qu’il faut dans ma liline qui était prête à exploser et tu sais comment pousser Arthur en glissant dans le prépuce.

– Il va falloir changer de position, te retourner.

– Non, mon amant chéri. Non. Comme Maï l’a fait pour sa chatte, je veux que ce soit moi qui ouvre cette porte-là. Prépare-moi un peu plus profondément avec ton doigt. Caresse-moi, fais-moi oublier que j’ai peur que ça fasse mal.

Sans rien changer à leur position, Francis glissa sa main libre entre leurs ventres et palpa le clitoris, le caressa, tandis que de l’index déjà inséré dans l’anus, il entreprit des allées et venues et des mouvements de rotation pour tenter d’assouplir les sphincters. Rapidement le vagin recommença à se convulser sur la verge et jeune femme à se projeter en avant pour l’accueillir plus profondément. Et c’est alors que Francis sentait qu’ils arrivaient tous deux au seuil de l’orgasme, que Magalie se souleva, se libéra du pieu arrivé au bord de l’explosion, et le présenta à l’entrée de son petit trou après l’avoir recouvert de son capuchon enduit de toutes les humeurs recueillies dans le vagin. Avec ses deux mains elle écarta ses fesses et descendit doucement pour permettre au gland de coulisser dans un premier temps hors du prépuce. À ce stade Francis pensa que Magalie allait se laisse tomber d’un coup, mais la jeune femme préféra poursuivre sa lente descente jusqu’à sentir le pubis du mâle contre ses fesses et alors seulement elle relâcha tout l’air retenu dans ses poumons, écrasant de tout son poids le ventre dont elle avait avalé le pénis dans toute sa longueur.

Et c’est elle, après quelques secondes, qui entama le mouvement de va et vient qui les conduisit vers l’orgasme bloqué un instant par la tension de ce dépucelage anal. Ces mouvements, bien que limités dans leur amplitude, n’en furent pas moins efficaces et les amants n’eurent pas longtemps à attendre avant qu’une pluie d’étoiles ne vienne illuminer leurs neurones, accompagnée d’impulsions désordonnées de tout leur corps projetant autour d’eux des éclaboussures d’océan. Ils restèrent ainsi, étroitement imbriqués, jusqu’à ce que le calme se fasse à nouveau et que la verge, détendue, ne soit libérée.

L’océan baignait leurs hanches. Ils attendirent tout en restant enlacés, le besoin qu’ils avaient l’un de l’autre se diffusant par toutes les parcelles de leur peau, que l’eau atteigne leurs tailles pour se désunir à regret et se laisser porter par les flots. Puis ils nagèrent, plongèrent, s’éclaboussèrent, parfois avec une certaine violence, comme si la perspective de vivre les dernières heures d’un épisode exceptionnel de leur vie ne les poussait à des gestes de révolte.

Bien plus tard, après avoir repoussé le plus loin possible le moment des dernières étreintes en restant sur la plage, c’est avec une infinie langueur dans la voix, que Magalie, assez proche du désespoir, demanda à son amant, comme l’avait fait six ans plus tôt, une jeune eurasienne :

– Tu me fais un amour douceur ?