Découverte

Maï

Chapitre 8

D’abord surpris par la fuite qui plaçait leur relation sur un terrain différent, plus mouvementé, et sans doute destiné à faire visiter la propriété à Francis. Celui-ci prit à son tour pieds sur la margelle de la piscine et se jeta à la poursuite de Maï dont le corps élancé filait bon train. Telle une experte en course de fond elle ne lui laissa aucune chance de rattraper son retard. Mais en avait-il vraiment envie ? Très intéressé par le spectacle de la svelte silhouette nue qui fuyait devant lui, il ne fut pas étonné de sentir son pénis se tendre. Déjà il imaginait le moment où il la rejoindrait et la pénétrerait après avoir écarté les longues jambes pour s’engouffrer dans le puits d’amour dont il entrevoyait la fente envoûtante à chaque foulée.

Sa maîtresse contournant le bosquet et poursuivant sa course, Francis dut faire faire silence à ses fantasmes pour ne pas se laisser distancer. Aussi la verge ardente se recroquevilla-t-elle pour libérer l’esprit du garçon qui accéléra. Il n’était plus qu’à deux mètres de Maï lorsque celle-ci mit fin à la course, à peine essoufflée, et montrant du doigt le but vers lequel elle l’avait entraîné. Espérait-elle y accéder à de nouvelles possibilités d’assemblage entre le vaillant épieu et sa chatte désormais en attente ou ne voulait-elle que lui faire découvrir le reste de la propriété ?

Leur parcours les avait conduits au pied d’une légère surélévation verdoyante, cachée par le bosquet qu’ils avaient contourné, et sur laquelle s’élevait une tour carrée, crénelée, entièrement encerclée d’arbres dont les branches s’élevaient à hauteur des créneaux.

– Cette tour, déclara-t-elle, est plus ancienne que la maison et d’en haut il est possible de voir pratiquement tout le domaine, malgré les arbres dont les pointes la cachent de mieux en mieux. C’est mon refuge quand il y a des intrus ou que le personnel d’entretien s’active.

– Elle ne fait pas son âge.

– Jean y est aussi attaché qu’au reste du domaine. Il la maintient en parfait état.

– Pourquoi une tour, toute seule, au milieu de ce qui devait être une forêt ?

– À l’origine c’était la base du donjon d’un château dans une vaste forêt appartenant aux ancêtres de Jean. Cette tour seule a été entretenue au fil du temps. Le reste a disparu. Elle a ensuite servi de tour de guet contre les hommes et le feu. Maintenant c’est mon fief et n’y ont accès que ceux que j’aime.

– Ils sont nombreux ?

– Idiot ! À ce jour, seul Jean, mon père second, monte encore les solides échelles de fer. Dans quelques minutes, il y aura toi et tu me feras l’amour.

– Si le truc que j’ai entre les cuisses veut bien se remettre de la course que tu nous as imposée !

– J’ai tout ce qu’il faut pour le ranimer.

– Ne parle pas trop fort, il pourrait t’entendre et s’impatienter.

– Alors allons-y et ne perdons plus de temps en bavardages. La visite du reste du domaine, ce sera pour après.

– Pour après, oui, parce que dans l’immédiat j’en connais un qui s’éveille à la vie et qui ne va bientôt plus vouloir visiter que tes intérieurs à toi.

Après un coup d’œil qui lui révéla que l’objet en question reprenait effectivement du poil de la bête, Maï saisit Francis par la main et entreprit de gravir la faible déclivité.

La solide porte en chêne de la tour n’était pas fermée et les amants pénétrèrent dans une pièce de quatre mètres sur quatre, vide, peu éclairée par deux ouvertures devant lesquelles se balançaient les ombres des branches extérieures. Une échelle de fer, assez raide, que la jeune femme attaqua aussitôt, donnait accès, par une trappe, à une première plate-forme. Francis se lança à son tour. La tête levée il reçut en plein visage le spectacle le plus érotique qu’il lui fut donné de voir. Les genoux de part et d’autre des montants de l’échelle, Maï grimpait, ses fesses rondes et dures rejetées en arrière dans une attitude de provocation dont elle était parfaitement consciente et qui dégageait entièrement le nid d’amour dans son écrin de jais. Telle une bouche pulpeuse il s’ouvrait et se fermait au gré de l’ascension, ses lèvres gourmandes semblant quémander une gâterie.

C’était plus que ne pouvait en supporter Francis qui leva un bras et emprisonna le sexe dans la paume de sa main. La jeune femme marqua un temps d’arrêt, laissant même peser son corps pour mieux apprécier la caresse, avant de se libérer d’un brusque élan, poursuivie par la main avide. Arrivée sur le premier palier, elle se pencha vers le garçon qui sortait à son tour de la trappe, lui posa un baiser dans le cou et empoigna la seconde échelle. Elle commençait à émerger au sommet de l’édifice quand Francis lui agrippa une cheville et la retint, malgré ses protestations. Elle ne parvint à passer que son buste par l’ouverture et resta ainsi, pliée en deux, bras écartés, seins collés à la pierre et cheveux éparpillés tandis que le mâle, son autre main à nouveau plaquée sur l’intimité offerte, continuait à monter. Le visage une fois à hauteur des fesses, Francis libéra la cheville et le sexe, saisit les hanches à pleines mains et s’en servit pour se hisser derrière Maï. Dans le même temps que son propre buste émergeait derrière sa prisonnière, son pénis, véritable épieu tendu par le désir et favorisé par la position de la jeune femme, ripa dans l’entrejambe et se planta dans la vulve avec une brutalité qui arracha un même cri aux deux amants. Le jeune homme se pencha alors sur sa maîtresse, la saisit aux épaules et, à grands coups, entreprit aussitôt à la besogner avec vigueur, bouche ouverte sur des hans de bûcheron. À peine remise de la surprise et de la violence de la pénétration, Maï se laissa aller à une interminable plainte avant de commencer à ahaner et finalement de crier à tous les vents et longuement, la puissance de son plaisir.

Francis mit plus de temps à jouir. Si ses précédentes ruées dans le doux fourreau avide de l’accueillir n’avaient en rien entamé la vigueur de son désir, les bourses, elles, n’avaient pas eu le temps de reconstituer tout leur potentiel de semence et il dut s’activer encore un moment avant de pouvoir se libérer.

Lorsqu’il s’écarta de la croupe saillante, sa verge n’avait pas encore perdu sa rigidité et le gland, encore mouillé de sperme, se posa entre les fesses, juste devant le second orifice, petit bouton brun et palpitant qu’il barbouilla copieusement. L’œil soudain égrillard Francis poussa l’avantage, profitant du lubrifiant involontairement déposé là comme pour une invite. De ses deux pouces il aida délicatement à l’ouverture de cet accès inattendu et, avec infiniment de lenteur, fit progresser sa tête chercheuse. Maï sursauta et balbutia un refus à peine audible, mais ne fit rien pour se dérober. Au comble de l’excitation le jeune homme attendit que le gland ait entièrement disparu dans cette nouvelle porte maintenant offerte à leur plaisir, avant de se retirer.

– Pourquoi ? interrogea Maï, surprise par cet abandon alors que l’obstacle principal, sa peur de la douleur, avait été franchi. Tu n’aimes pas ?

– Bien sûr que si ! C’est un endroit bien plus étroit que l’autre, mais c’est que je préfère fréquenter les lieux lorsque je peux me laver le sexe avant de revenir vers le vagin et nous n’en avons peut-être pas encore terminé l’exploration.

– On recommencera ? J’ai failli avoir peur, mais tu as fait si doucement que je n’ai pas eu mal, au contraire, c’était même plutôt comme si mon corps se préparait, à mesure que tu te poussais dans mon petit trou, à un nouveau festin. Je l’exprime mal, mais je sentais dans mes fibres comme une autre forme de jouissance en préparation.

– Si en plus c’est toi qui fais la demande, je saurai m’en souvenir.

Sur cette promesse Maï s’extirpa du piège dans lequel elle s’était irrémédiablement enfermée par son attitude provocante et qui lui avait valu d’être proprement et si agréablement embrochée par le dard de son tendre agresseur. Celui-ci suivit sans avoir rien manqué du spectacle offert par la sortie du postérieur orné des deux orifices à plaisir que la jeune femme exhibait sans vergogne sous son nez.

Francis fit le tour de la plate-forme, créneau après créneau, la beauté du paysage et le vol de nombreux oiseaux lui faisant momentanément négliger le contact avec sa partenaire qui s’attachait pourtant à lui telle une sangsue.

– C’est incroyable, finit-il par dire, je n’imaginais pas un domaine de cette importance dans la région ! Et je suppose que la rivière qui serpente au milieu des arbres n’en est pas une limite car je ne vois ni mur ni clôture ?

– Elle coupe la propriété un deux et elle alimente un petit étang qui n’est pas visible d’ici.

– Et tout cela appartient à Jean ?

– Par ses ancêtres, depuis le Moyen Âge. À l’origine ils vivaient ici, dans un château sans doute peu confortable dont j’ai déjà dit qu’il ne reste que la base du donjon. D’après Jean une grande partie des pierres a servi à l’édification de la nouvelle demeure. Ce que je regrette c’est que la rivière et l’étang ne soient pas plus proches de la maison. Mais si tu tiens à l’historique des lieux je te raconterai tout ce que j’ai appris depuis mon arrivée, plus tard, au lit.

– Je serai surpris que le lit soit un endroit propice aux discussions historiques ! Alors c’est ici que tu te caches les jours d’invasion ? Une chaise longue suffit à ton bonheur ? Ce n’est pas un peu succinct comme confort ?

– Si tu n’avais pas eu l’œil rivé à mes fesses, en montant, tu aurais pu apercevoir le reste du mobilier, à l’étage inférieur, et un stock de romans lus ou à lire !

– J’avoue qu’en guise de romans c’est surtout ce qu’il y a entre tes cuisses que j’avais envie de feuilleter.

– J’adore ta façon de lire, le rassura-t-elle, gourmande, même lorsque tu passes à la conclusion sans avoir préalablement parcouru le sujet.

– Sauf erreur, les chapitres intermédiaires, tu avais fait en sorte de les résumer en quelques échelons !

– C’était si évident que ça ?

– Et comment ! Et tu n’as pas idée de l’effet que tu pouvais produire, nue, vue par-dessous ! Ton sexe était comme une bouche avide dont les lèvres s’écartaient chaque fois que tu attaquais un barreau de l’échelle avant de se refermer lorsque tu tirais ton corps vers le haut. Et je ne parle que pour mémoire de tes fesses en relief et de tes seins qui se découpaient par instants, en contre-jour, sur un carré de ciel bleu !

– Tu te lèches les babines et tu recommences à bander à la seule évocation du tableau ! La lecture, il faudra la reprendre là où elle a été interrompue, mais pour descendre, je passerai devant. Calme ton engin.

Elle asséna une pichenette sur la verge qui retrouvait un début de vigueur et s’élança vers la trappe avec un éclat de rire sonore qui s’atténua à mesure qu’elle dévalait les échelons. Le temps pour Francis de réagir et de suivre le mouvement et déjà elle avait atteint la dernière échelle. L’un pourchassant l’autre ils arrivèrent à la rivière et Maï entra dans l’eau la première. En quelques enjambées, il fut sur elle, tenta de l’enlacer et perdit l’équilibre, l’entraînant dans sa chute. Maï termina assise dans l’eau et riant aux éclats tandis que Francis se redressait en expectorant le liquide ingurgité en tombant bouche ouverte. Riant à son tour il se jeta sur elle et la renversa tout en lui maintenant la tête hors de l’eau.

– Si tu n’arrêtes pas de te fiche de moi je te fais boire tout le contenu de la rivière !

– Pitié ! Je suis ta servante et mon corps t’appartient !

Amusé le jeune homme voulut l’embrasser, mais ne rencontra que le vide et replongea bouche ouverte dans l’eau. D’une brusque torsion du corps, telle une anguille, Maï avait roulé sur le côté, s’était relevée et avait repris sa course, laissant le mâle cracher à nouveau ses poumons. Elle courait en s’éclaboussant et elle était heureuse. En tournant la tête elle vit que le garçon sortait de la rivière et entamait la poursuite sur la berge en la menaçant du doigt. Francis n’était là que depuis quelques heures, mais sa vie de femme en avait été changée. Elle avait découvert le bonheur de donner et de recevoir de l’amour, même s’il était purement physique. Son corps exultait. Elle le sentait vibrer du besoin d’accueillir à nouveau dans sa chair, celle rude et chaude de l’homme que le destin lui avait si opportunément envoyé.

En atteignant l’étang elle se retourna et ralentit pour voir où en était son amant alors que celui-ci arrivait justement à sa hauteur. Il étendit le bras, la saisit par la taille et plongea, l’entraînant avec lui. Sous l’eau ils s’enlacèrent et leurs lèvres, à peine émergées, s’unirent dans un baiser qui en disait long sur le plaisir qu’ils éprouvaient à vivre ces moments. Une barque était retournée sur la berge. Francis la mit à l’eau et ils s’installèrent, face à face, jambes largement ouvertes, mais sexes au repos.

– C’est tuant de courir dans l’eau, reconnu Maï, surtout avec l’impression d’avoir un bonhomme surexcité aux trousses !

– Surexcité c’est beaucoup dire, mais toujours prêt à remettre ça, je te l’accorde.

– Ce n’est en tout cas pas l’idée que la chose molle, qui repose sur le banc entre tes jambes, donne en ce moment !

– Ne t’inquiète pas, avec les sentiments que m’inspirent tes creux et tes bosses, je te le garantis disponible aussitôt que nécessaire.

– On dit ça et tout d’un coup, crac, plus personne ! Épuisée la bête et je devrai attendre que les accus soient rechargés.

– Touche-le et tu verras s’il est si fatigué que tu oses le prétendre ! D’ailleurs, si c’était nécessaire, tu as des mains et une bouche pour venir à bout de toute défaillance.

– Je n’en doute pas, mais combien de fois ?

– Parce que tu envisages…

– Ma foi, oui. J’ai perdu des années à attendre que tu viennes me dépuceler. Je crois avoir droit à des compensations.

– Elle appelle ça des compensations ! Tu en acceptes une tout de suite ? Par-devant ou par- derrière ?

– Ce sera à toi de décider, mais plus tard, enfin, un peu plus tard. Pour l’instant j’ai juste envie de m’allonger près de toi, sur l’herbe, et de laisser vagabonder mon imagination. Ce n’est peut-être pas l’image que je donne, mais je suis une rêveuse et si je t’ai dit, avant de m’empaler sur ton pénis, que je n’avais pas eu besoin jusqu’à aujourd’hui, de me laisser prendre, en rêve bien des hommes m’ont caressée.

– Seulement caressée ?

– Caressée, embrassée, rien de définitif. Il a fallu ton corps et la vue du bourrelet qui déformait ton short pour me donner l’envie de passer à l’acte. Allons nous étendre sur l’herbe.

Le jeune homme tira la barque sur la berge, la retourna et s’approcha de Maï étendue, mains derrière la nuque, jambes légèrement écartées, tentatrice en diable et pourtant absente.

– Je me demande si Jean… commença-t-elle.

– Tu te demandes si Jean se doute de ce qui se passe entre nous ?

– Je me demande surtout s’il n’a pas sciemment organisé notre rencontre.

– Il aurait imaginé ce plan lors du cocktail ?

– J’en ai bien l’impression. Il aime la solitude, mais je ne suis pas certaine qu’il approuve ma vie de recluse. Ce désir d’isolement ne doit pas lui sembler naturel pour une jeune fille normalement constituée.

– Si tu ne vas pas à l’homme, l’homme viendra à toi. Tu lui crois une mentalité d’entremetteur ?

– Pas du tout ! D’ailleurs il ne pensait peut-être qu’à un rapprochement très amical.

– Là, tu te racontes des histoires ! Il aurait imaginé de mettre face à face un garçon et une fille bien portants et normalement constitués dans le simple but qu’ils se racontent leurs vies sur le mode cordial ? Surtout qu’il connaît ton goût pour le naturisme.

– Tu as raison reconnut-elle, il est évident qu’il a bel et bien fait en sorte de nous jeter dans les bras l’un de l’autre et qu’il a volontairement retardé son retour de voyage.

– En tout cas je lui dois un grand merci puisque je suis l’heureux bénéficiaire de son choix.

– Si tu n’avais pas été au cocktail ce soir-là il n’aurait sans doute pas pris ce genre de décision. En rentrant, il m’a dit avoir invité à venir passer quelques jours au domaine un jeune homme dont il avait apprécié le charme et l’intelligence. J’ai pensé que tu devais certainement être quelqu’un d’assez exceptionnel pour qu’il en vienne à ouvrir notre vie privée à un inconnu.

– Pourtant tu lui en as voulu.

– Un peu, c’est vrai. Et je me suis consolée en me disant que je pourrais vous laisser en tête-à-tête et disparaître si ta présence me déplaisait. Entre la tour et les bois il y a de quoi se mettre à l’abri des casse-pieds.

– Merci de ne pas m’avoir rangé dans cette catégorie.

– J’ai aimé ton allure au premier regard, mais les choses auraient tout de même pu en rester là. Et puis il y a eu ta façon de lorgner mes seins pendant le repas et de te sentir gêné par le côté exhibitionniste de ton sexe, lorsque tu t’es levé. Ils ont fait naître en moi un trouble que je n’avais jamais ressenti. J’en étais tout émoustillée. C’est entre la table et la vaisselle que j’ai décidé de t’offrir mon pucelage. Tout compte fait, je pense que Jean me connaît très bien et qu’il est capable d’anticiper mes besoins, sinon mes envies. Il a bel et bien voulu faire de toi mon amant.

– Qu’il en soit béni !