Découverte

Les amants

CHAPITRE 9

Les ombres s’allongeaient lorsque les amants décidèrent de revenir vers l’habitation. Au-dessus de leurs têtes les merles commençaient à s’interpeller. Ils marchèrent sans hâte, main dans la main, tout en spéculant sur la perspicacité de Jean à l’égard de leurs capacités de rapprochement. Leurs corps se frôlaient ou se heurtaient, de-ci, de-là, au gré des obstacles rencontrés sur le parcours et ces contacts, ces effleurements, étaient autant de caresses dont ils emmagasinaient le pouvoir érotique dans chacune de leurs fibres en prévision d’un prochain engagement. Francis avait renoncé à visiter le reste de la propriété. Pour l’instant il n’avait d’autre désir que de se repaître encore et encore de la proximité du corps de sa compagne, en attendant de s’y fondre à nouveau.

La maison était toujours vide et silencieuse, n’attendant que leur retour pour s’animer.

– Barbecue et salade composée, proposa la jeune femme, ou grosse bouffe pour refaire tes forces ?

– Je n’ai aucun besoin de refaire mes forces ! protesta Francis. C’est une obsession chez toi !

– C’est que tu n’as sans doute qu’une faible idée de ce que je vais peut-être encore exiger de vous !

– Vous ?

– Oui, vous. Toi et lui. Toi et ton pénis. Toi sur moi et lui dans moi.

– Ce n’est en tout cas pas avec un estomac surchargé que nous pourrons assumer, lui comme moi.

– Cet homme est un sage.

– Fiche-toi de moi !

Ils dînèrent au bord de la piscine et en profitèrent, entre deux grillades, pour se plonger dans l’eau et jouer comme des gamins insouciants. Ils étaient jeunes, beaux, amoureux d’un désir de volupté partagée, à l’écart d’un monde dont ils n’avaient plus conscience et qui ne pouvait les atteindre. Chacun remplissait moins son estomac de nourriture que ses yeux de la vision du corps de l’autre.

– Ce nu intégral, tu le pratiques beaucoup ?

– Chaque fois que je suis seule et que le ciel le permet. Mais ne juge pas sur la régularité du bronzage, chez moi, en bonne eurasienne, c’est une teinte naturelle.

– Tu n’as jamais été surprise vêtue de ta seule toison pubienne ?

– Si, par Jean quand il lui est arrivé de rentrer à l’improviste.

– Cela n’a pas créé de gène entre vous ? Après tout c’est un homme et tu as de quoi mettre en rut le diable en personne.

– Je n’ai jamais remarqué la moindre lueur de concupiscence dans son regard. Je suis comme sa fille et il se comporte comme un père envers son enfant. Je te l’ai déjà dit. En tout cas, s’il éprouve du désir, il ne le montre pas

– Il est peut-être impuissant.

– Je peux te garantir le contraire. Je l’ai surpris en pleine action avec sa maîtresse.

– Il a une maîtresse, ici ?

– Pas ici. Je ne sais pas pourquoi cette femme, cette jeune femme, car elle ne doit pas avoir plus de la trentaine, était là, le jour où j’ai assisté à leurs ébats. Je connaissais son existence parce que Jean, quand il n’est pas en déplacement, s’en va assez souvent à la tombée de la nuit et que mon instinct de femelle ne me laisse aucun doute sur les raisons de son relâchement physique quand il revient.

– Ils t’ont vue ?

– Ni lui, ni la femme ne se sont aperçus de ma présence. Ils étaient bien trop occupés. Je ne sais d’ailleurs plus pourquoi j’étais allée dans la chambre de Jean, cet après midi là, ni ce qui m’a réellement empêchée de m’éloigner aussitôt. La porte était dans la pénombre et le lit, sur lequel ils s’activaient, débordait de lumière. C’est peut-être de les entendre se parler tout en faisant l’amour qui a fait que je suis restée. Elle lui disait pêle-mêle qu’il était fort, qu’il allait encore la faire jouir, qu’elle aimait le sentir au plus profond de son vagin, qu’elle voudrait qu’il ne cesse jamais de la baiser, elle parlait comme ça, et elle s’accrochait de toutes ses griffes aux fesses qui s’activaient entre ses cuisses comme pour ne rien perdre de la longueur de la verge qui la fouillait. Jean, lui, soufflait et donnait des coups de reins de plus en plus violents, avec des mots pas toujours audibles qui se perdaient entre les seins qui tressautaient sous les chocs des corps, comme si ses paroles à elle lui insufflaient un surplus d’énergie. C’est vrai qu’il était fort. Je les voyais de derrière, un peu sur le côté. La femme avait les genoux relevés, les cuisses largement ouvertes et par moments leurs deux sexes me sautaient aux yeux. Celui de Jean, raide, brutal, avec ses testicules qui battaient, se retirait puis se poussait dans la fente écartelée de la vulve qui l’aspirait avec une sorte de gloutonnerie. Ce spectacle qui aurait pu me choquer, moi, la vierge, me fascinait au contraire par la force du lien qui se créait entre ces deux êtres dans la fusion de leurs sexes. Je me suis sauvée quand la femme a crié, pour ne pas crier en même temps qu’elle. J’étais loin, les deux mains écrasées sur mon sexe mouillé de désir et je l’entendais encore. Je ne sais pas quand Jean a joui à son tour et comment, mais il n’a pas dû mettre longtemps à se répandre.

– Je te vois toute troublée par cette évocation.

– Je le suis et je l’ai été souvent, depuis, mais je n’ai jamais permis à mon corps de se laisser pénétrer en imagination. Je dégustais toutes les caresses que mes fantasmes pouvaient créer et je me suis fait jouir, souvent, mais pour un sexe d’homme dans le mien je voulais une réalité qui soit au moins égale à celle que cette femme avait connue. C’est chose faite. Donne-moi ta main.

Francis s’exécuta. Maï s’en saisit et la glissa dans son entrejambe. Elle la frotta contre ses lèvres d’amour. Elles étaient toutes humides.

– Viens maintenant, murmura-t-elle, prends-moi vite.

Ils étaient allongés, la main du garçon toujours insérée dans la chaude intimité de la jeune femme. Il s’en libéra, se mit à genoux, retourna Maï, lui souleva le bassin et se positionna derrière elle pour aussitôt la pénétrer d’une seule poussée tandis qu’elle exhalait un immense soupir de jubilation. Les mains collées à ses hanches il l’éloigna puis l’attira sur son ventre à plusieurs reprises avant de se retirer, la verge mouillée de la liqueur intime qu’il était allé y puiser. Comme au sommet de la tour, un peu plus tôt, il ouvrit alors l’anus avec ses deux pouces et, délicatement, y engagea son gland. Instinctivement Maï se crispa. Alors Francis passa une main sous le ventre de sa partenaire, la posa sur le sexe que sa verge venait d’abandonner, glissa deux doigts dans la fente et remonta à la recherche du clitoris que le désir avait dilaté. Il le saisit et commença à le faire rouler et à le masturber. Sans transition Maï reporta aussitôt son appel à la volupté sur son minuscule sexe en effervescence et relâcha ses sphincters qui accueillirent le pénis avec une résistance diminuée. Dans cet orifice étroit le dard était fortement pressé. Sans relâcher son action sur le clitoris le jeune homme entama un va-et-vient lent, précautionneux, sans violence pour Maï dont le souffle de plus en plus haché disait toute la progression vers le feu d’artifice suprême, mais lenteur tout aussi nécessaire pour que lui-même, pris dans une étreinte féroce, n’explosât pas prématurément.

Cette fois encore la jeune femme hurla son plaisir et Francis se dépêcha de la rejoindre, le bas ventre littéralement collé aux fesses raidies tandis qu’il se vidait par saccades. Ils restèrent dans cette position un long moment, la verge devenue molle mais toujours prisonnière des sphincters resserrés sur leur proie et les doigts du garçon, inactifs, mais en contact avec le clitoris qui s’étiolait inéluctablement.

Épuisée Maï se laissa enfin choir sur le gazon, s’arrachant à la chair et aux doigts du mâle.

– Je suis morte et si je continue à hurler ainsi quand je jouis, je vais devenir aphone ! J’en ai mal à la gorge !

– Mais quel bonheur ! Ces hurlements sont un excitant incroyable. Dès qu’ils surviennent, ils déclenchent en moi comme une décharge électrique qui décuple mes sensations.

– Il va cependant falloir que je parvienne à les atténuer !

– Je t’ai déjà dit ce que j’en pense. Si tu retiens ces cris, la force qui les provoque va se transférer dans ton corps et c’est lui qui hurlera son plaisir par des spasmes, des contractions, des mouvements incontrôlés plus violents encore que ceux que tu connais pour l’instant. Enfin je suppose car il y aura une contrepartie et tu ne devrais pas perdre au change, au contraire.

– Que le génie du sexe t’entende ! Tu as quelque chose contre la télé ?

– Un film érotique ?

– Pourquoi un film érotique ?

– Nous parlons de sexe et tu embrayes sur la télé. Association d’idées.

– Il y a un documentaire sur le Machu-Pichu et je suis passionnée de civilisations anciennes. Après tu pourras disposer de moi à ta guise pour le reste de la nuit et faire toutes les associations qu’il te plaira.

– Pourquoi seulement pour la nuit ? Il y a demain et les jours suivants, en attendant que Jean redonne signe de vie. À moins que tu ne sois déjà fatiguée de moi ?

– Certainement pas ! Je t’ai, je te garde ! Le problème c’est que demain est jour d’entretien par le personnel et qu’il y aura du monde dans la maison et dans le parc. Alors il me faudra me lever tôt pour les accueillir et, bien sûr, le maillot de bain sera indispensable.

– Dommage !

– Avec ton instrument à l’air tu risquerais de perturber quelque peu la gent féminine et plus probablement de l’intéresser. Il y a des jeunes femmes dans le lot et en particulier une beauté locale qui ne manque pas d’arguments bien placés, quoiqu’elle soit un peu ronde à mon goût.

– Je doute qu’elle puisse rivaliser avec toi. Nous vivrons donc quelques heures en maillot de bain. Ainsi nous tâcherons de ne troubler ni la vertu ni le travail. À moins que mon désir de toi ne vienne à déborder de mon slip.

– Dans ce cas nous nous isolerons dans la tour et j’essaierai de ne pas crier trop fort ce que j’éprouve quand tu me pénètres.

– En attendant une petite séance de nettoyage s’impose. Je passe par la douchette. Tu me tiens compagnie dans la piscine ?

– J’en ai autant besoin que toi.

Dix minutes plus tard les amants s’installèrent dans un canapé devant l’écran sur lequel commençait juste la diffusion attendue par Maï.

Épaule contre épaule, jambes étendues, corps amollis, ils s’abîmèrent dans la contemplation du documentaire. Mais si leur esprit était absorbé par les images et les explications du commentateur, leurs mains, comme douées d’indépendance, ne cessèrent de prospecter, d’aller et venir en légères caresses et de tenir leurs sens en éveil. Lorsque le générique final apparut, Maï tenait fermement dans sa main la verge durcie par l’attente inconsciente tandis que les doigts de Francis cajolaient le sexe de sa maîtresse couvert de l’humidité du désir. Ils se regardèrent, d’abord surpris de n’avoir pas eu conscience de leurs gestes, puis ravis de se retrouver aussi vite unis jusque dans un besoin purement instinctif et animal. Leurs bouches se joignirent. Leurs langues se lièrent dans un long baiser. Le garçon, souffle court, se laissa glisser au sol et enfouit son visage entre les jambes entrouvertes de la jeune femme. Le temps de reprendre une respiration normale il resta immobile, les lèvres plaquées dans le duvet fleurant bon l’appel odorant que ses doigts avaient extrait quelques instants auparavant du nid d’amour. Maï, elle, retenait sa respiration. La force du désir de son amant, elle l’avait tenue dans sa main et elle n’attendait plus que de la sentir se planter au plus profond de son intimité. Mais Francis ne se releva pas pour enfoncer son pénis dans le fourreau avide. D’une bouche gourmande, il parcourut l’intérieur des cuisses, allant et venant des genoux au pubis sans jamais s’arrêter sur l’entrée palpitante du sexe qu’il ne faisait qu’effleurer au passage. À chaque nouvelle approche Maï se cabrait un peu plus, exhalait un soupir plus profond. Elle s’ouvrait chaque fois davantage, poussant son ventre au devant des lèvres du mâle dont les baisers se précisèrent, se densifièrent. Vint le moment où elle ne fut plus en mesure de résister et lorsque les lèvres passèrent sur son sexe, elle agrippa le garçon aux cheveux et lui plaqua violemment le visage entre ses cuisses.

– Aime-moi avec ta langue, articula-t-elle dans un râle, déjà prise de vertiges et secouée de tremblements ;

Aussitôt la langue agile du garçon se glissa dans la vulve offerte et s’activa avec une sorte de férocité, fouissant avidement le vagin. Sa bouche suça le clitoris dégagé de sa prison de chair. En quelques instants le corps de Maï devint incontrôlable. Parcouru d’ébranlements violents il tressauta comme frappé de puissantes décharges électriques et de la gorge nouée fusèrent des sons rauques et inarticulés qui se transformèrent bientôt en un nouveau et long hurlement de plaisir lorsque l’orgasme déferla.

– Et toi ? balbutia-t-elle après d’interminables minutes, toujours secouée par des successions de décharges, mais inquiète malgré tout de ce que le désir de Francis était resté inassouvi.

Sans réponse du garçon dont le visage était encore enfoui entre ses cuisses, elle se pencha et partit à la recherche du dard qu’elle saisit d’une main ferme. Alertée sur l’état de tension du mâle en rut par la plainte qui jaillit immédiatement de sa gorge, elle tira sur la verge pour forcer l’homme à se mettre à genoux et, le guidant vers son ventre, introduisit la tête turgescente dans son intimité encore frémissante. Avant que Francis ait eu le temps de se pousser dans le fourreau béant, Maï passa ses deux mains derrière ses fesses et, d’une traction brutale, le propulsa en elle, engloutissant le pénis jusqu’à la garde et le bloquant au fond de son vagin. Pas un instant elle ne relâcha son étreinte alors que Francis, presque immédiatement secoué de spasmes violents et râlant, se libérait par jets de la tension accumulée tandis qu’il fouillait de sa langue le puits d’amour de Maï.

Vidé, il sentit son corps se détendre et, s’échappant du vagin momentanément rassasié, s’assit, les fesses sur ses talons et le visage plaqué sur le pubis de la jeune femme.

– Nous sommes deux animaux en rut, fit-elle tout en posant ses mains à plat sur la tête de son amant. Mais qu’est-ce que j’aime ça ! Combien de temps allons-nous tenir ce rythme ?

– Toi je ne sais pas, balbutia Francis, la bouche dans la toison parfumée des senteurs de l’amour, mais moi je risque de ne plus être longtemps à la hauteur, quoi que j’aie pu en dire.

– Une bonne nuit de sommeil devrait me rendre l’amant vigoureux et zélé qui m’a si bien expédié au septième ciel. Non ?

– Bien sûr ! En réalité ce n’est pas la fréquence de nos rapports qui pose problème, mais plutôt leur violence. Tu as raison de dire que nous sommes deux animaux en rut. Et je dois reconnaître que moi aussi j’aime ça. Maintenant j’ai besoin d’un peu d’air. On fait un tour sous les étoiles ?

– J’allais te le proposer. Étoiles, piscine, dodo ?

– Étoiles, piscine, dodo, dans l’ordre.

Main dans la main ils sortirent sur l’arrière de la maison et marchèrent un moment en silence, pieds nus dans l’herbe tendre et un peu humide, entre les bosquets qui bruissaient de mille chants nocturnes. Puis ils revinrent vers la piscine et s’allongèrent sur le gazon, les yeux dans les étoiles.

– Ce soir le ciel est encore plus beau que d’habitude, mon chéri. Tu permets que je t’appelle mon chéri ? fit Maï qui enchaîna sans attendre la réponse. Ce soir je trouve les étoiles encore plus lumineuses, comme après un orage, quand la pluie a lavé l’atmosphère de toutes les impuretés qui la souillent. Pourtant il n’a pas plu. Est-ce une illusion ou est-ce le bonheur d’être devenue une femme comblée ?

– J’ai une réponse idiote.

– Oui ?

– Tu avais quelque chose qui faisait obstacle à une autre vision du monde qui t’entoure. Des sortes de lunettes de vue mal adaptées. Un hymen conservé trop longtemps et qui faisait comme une taie entre toi et la vie.

– Tu as raison, c’est idiot et pourtant le résultat est là. Depuis que tu es entré en moi je vois la vie avec des yeux neufs. Tu crois que Jean verra que je ne suis plus la même ?

– Sans aucun doute. D’autant plus, nous en avons déjà parlé, qu’il a manifestement organisé notre rencontre et par conséquent ton dépucelage. Il est préparé à ce qu’il va découvrir. Je dois dire qu’à sa place je me serai proposé pour être le dépuceleur, plutôt que de faire appel à un intermédiaire. Jean a beau avoir une maîtresse tu ne m’ôteras pas de l’idée que le spectacle de ton joli corps a dû lui inspirer bien souvent autre chose que de l’amour paternel.

– Il n’est pas aussi vicieux !

– Le vice n’a rien à faire ici ! À moins d’être impuissant ou homosexuel, la vue de ce que révèle ta nudité ne peut que déclencher, au minimum, un désir purement animal. Après, bien sûr, l’esprit peut venir mettre de l’ordre dans cette réaction. Ce qui est normal si Jean te considère comme sa fille.

– Je n’ai pas dû lui faciliter l’existence !

– Il savait qu’il pouvait en être ainsi. Tu n’étais plus une gamine lorsqu’il t’a offert de le suivre en France.

– À dix-huit ans je n’étais guère différente d’aujourd’hui, c’est vrai.

– Ce qui prouve qu’il ne faut jamais se fier aux apparences. Hier, tu étais encore comme au jour de tes dix-huit ans et physiquement rien ne semble avoir changé. Pourtant tu as franchi un obstacle capital dans ta vie de femme.

– J’ai été dépucelée par le garçon que j’ai accepté et j’en suis heureuse.

– Tu n’as pas été dépucelée, tu t’es dépucelée.

– Tu aurais préféré que ce soit toi qui le fasses ?

– Pas du tout ! C’était bien plus excitant de te laisser faire. Tout compte fait, je me demande si toutes les vierges ne devraient pas se déflorer elles-mêmes et plus particulièrement celles qui ont peur de ce passage obligé.

– Ce que les autres filles ont envie ou pas envie de faire pour sauter le pas, je m’en fiche, en réalité. Jusqu’à ce matin j’étais bien en pucelle et lorsque tu es apparu, ou plutôt lorsque j’ai vu tes yeux chercher mes seins au travers du tissu de ma robe et tout de suite après la protubérance qui déformait ton short, je n’ai plus eu envie de le rester. Aucun homme ne m’avait fait cet effet. C’est tout. À partir de là, si tu avais tenu à être le sacrificateur de cette membrane stupide qui se trouvait sur le passage de ton pénis et me privait de la volupté que j’en espérais, je n’aurais pas hésité à te laisser l’initiative. Lorsque j’étais au-dessus de toi, jambes écartées, et déjà offerte, et que ton sexe a jailli du slip, si gros, si raide, j’ai pourtant eu un peu de crainte et il m’a semblé que ce serait plus facile si c’était moi qui m’empalais pour rompre l’hymen. Mais s’il avait fallu m’allonger sous toi et m’ouvrir pour te laisser entrer, je n’aurais pas reculé. Ce sexe d’homme, ton sexe, si beau, si provocant, je le voulais planté dans ma chair. Ce n’était plus seulement une envie ou un besoin, c’était une exigence, une revendication de tout mon être. Je crois que si tu avais eu le plus petit geste d’hésitation je t’aurais sauté dessus pour te violer et je me serai dépucelée de toute façon. J’en deviens lyrique et un tantinet ridicule !

– Certainement pas ridicule, mais comme aphrodisiaque tu te poses là ! Jamais paroles n’ont eu le pouvoir de m’exciter aussi violemment alors que je me croyais vidé. La tête dans les étoiles tu ne sembles pas réaliser le pouvoir des mots que tu prononces. Tu devrais toucher mon sexe. Il est aussi dur et impatient que la première fois. D’ailleurs je suis certain que chez toi aussi…

– Eh bien ! Un bon bain les calmera tous les deux une fois de plus jusqu’à l’heure de passer au lit !

Cela dit Maï se leva précipitamment et se jeta dans la piscine en échappant de justesse à Francis qui tenta de l’attraper par un pied avec l’intention évidente de la faire tomber et de l’écraser sous lui afin d’éteindre dans son bas-ventre le feu que des mots avaient allumé dans le sien.

Quelques brasses et le contact de l’eau qui s’était rafraîchie avec le coucher du soleil mirent un terme aux velléités amoureuses du garçon et les amants purent profiter de la quiétude de ce bain sous le scintillement des étoiles qu’un infime croissant de Lune, levé tardivement, ne pouvait atténuer. Les oiseaux de nuit, invisibles, rompaient seuls de leurs chants multiples le silence et la paix de la nuit qui enveloppait le domaine.

Après être passés sous la douche et s’être essuyés mutuellement, c’est enlacés qu’ils se dirigèrent vers la chambre à coucher de Maï et qu’ils se laissèrent tomber sur le lit sans se lâcher.

– Tu me fais un amour douceur ? demanda la jeune femme en tournant son visage vers Francis, un amour douceur pour une nuit de rêves ?

Sans répondre le jeune homme se détacha de Maï et se glissa au pied du lit.

Avec infiniment de délicatesse, en commençant par les orteils et la plante des pieds, il effleura de baisers légers comme des plumes la moindre parcelle de cette peau qu’il avait su faire vibrer tout au long du jour par la violence de son désir et qu’il voulait maintenant émouvoir en lui transmettant simplement la béatitude qu’apporte la tendresse dans le contact des corps.

Lentement, millimètre de chair par millimètre de chair, il progressa, s’attardant juste un peu plus sur la peau tendre de l’intérieur des cuisses, mais en ne faisant que frôler le nid d’amour pourtant largement ouvert à ses investigations. Sous ses baisers le corps de Maï se couvrit de minuscules ondulations, des mouvements que seules les lèvres de Francis pouvaient percevoir, mais qui se répercutaient en profondeur dans tout l’organisme de la jeune femme. Elle osait à peine respirer, à l’écoute de cette volupté qui l’investissait par touches infimes, mais de plus en plus marquées à mesure que la bouche montait vers ses seins qu’elle enveloppait de ses mains depuis qu’elle avait sollicité cet amour douceur. Lorsque son amant cessa de l’embrasser pour lécher par petites touches la chair délicate à la naissance de sa poitrine, l’épiderme de Maï sembla entrer en éruption, se couvrant de vaguelettes, ces sortes d’ondulations qui animent la peau d’une chatte lorsque la main de son maître la caresse à rebrousse-poil. Elle jeta ses bras sur les côtés et s’agrippa aux draps pour ne pas supplier d’être investie sans plus attendre. Toujours secouée de convulsions, les yeux clos, elle continua de s’enflammer sous la langue qui montait à la recherche des tétons qui furent roulés, titillés, sucés, mordillés avec la même lancée inéluctable vers l’instant où son corps ne serait plus que braise. Francis quitta les seins pour se glisser dans le cou qu’il couvrit aussi de baisers avant de se saisir d’un lobe d’oreille et de le mordiller à son tour. Aussitôt Maï accompagna les vagues de spasmes qui se déversaient sur tout son être par une plainte qui sembla sourdre de tous ses pores et qui n’arrêta d’enfler que lorsque son amant, après s’être emparé de ses lèvres, la couvrit enfin de son corps. Il l’écrasa de tout son poids et c’est elle qui, d’une main impatiente glissée entre leurs ventres, se saisit de la verge pour la guider dans son fourreau d’amour. Aussitôt investie Maï cessa de gémir. De ses bras et de ses cuisses elle entoura le corps de Francis et le plaqua fermement sur elle comme si elle cherchait à ne plus faire qu’un avec lui. Les spasmes qui roulaient toujours sur sa chair affolée se répercutaient dans son vagin en crispations violentes qui étreignaient fortement le pénis avec l’intention avouée de proclamer le besoin de jouir qui était devenu la seule raison d’être de son corps. En dépit de la furieuse envie de conclure qui faisait de l’attente un véritable supplice, le jeune homme s’obligea à poursuivre le lent cheminement qu’il s’était imposé. Il libéra les lèvres brûlantes de sa maîtresse pour reprendre entre ses dents le lobe de l’oreille et le mordiller à nouveau tandis que son épieu, gonflé de sève, commençait un prudent va-et-vient dans la vulve incandescente. La longue plainte, un instant muselée, qui fusa alors de la gorge de Maï, projeta les deux amants dans une agitation fébrile que le garçon devint incapable de contrôler et l’amour douceur se mua en une furieuse possession mutuelle qui les fit crier leur jouissance avant de les laisser pantelants, rivés l’un à l’autre tandis qu’une même vague de convulsions roulait sur eux sans paraître vouloir se calmer. Ils basculèrent sur le côté sans se désunir et restèrent ainsi de longues minutes jusqu’à ce que les spasmes, enfin calmés, permirent au pénis, vidé, de retrouver toute sa souplesse et de se libérer de lui-même de sa prison dévorante.

Quelques instants plus tard ils dormaient, repus et toujours enlacés.

Le soleil qui entrait à flot par la fenêtre grande ouverte et le bruit d’une tondeuse à gazon en action réveillèrent Maï en sursaut.

– Mon Dieu ! Ils sont déjà au travail et je ne me suis pas réveillée ! S’exclama-t-elle en se détachant des bras de son amant dans lesquels elle était toujours enfouie.

– Et alors, bougonna Francis, à son tour tiré du sommeil par l’exclamation et le retrait de la jeune femme, c’est une catastrophe ?

– Cela n’est jamais arrivé !

– Ils n’ont pas l’air d’avoir eu besoin de toi pour se mettre au travail.

– J’entends, mais je leur fais toujours du café lorsqu’ils arrivent. Que vont-ils penser de moi ?

– Que pour une fois tu étais fatiguée ou que tu as fait l’amour.

– Pourquoi iraient-ils imaginer que j’ai fait l’amour ?

– Parce que dehors il y a une voiture qu’ils ne connaissent pas et un slip d’homme, tout seul, égaré près de la piscine. Peut-être même une chambre d’amis avec des affaires d’homme, mais pas d’homme sur la couche restée intacte.

– C’est affreux !

– Et sans oublier la fenêtre grande ouverte de ta chambre avec vue sur le lit.

– Tu as raison ! Celui qui conduit la tondeuse est probablement déjà passé plusieurs fois sous ma fenêtre !

– Il y a des chances.

– Alors il a dû nous voir !

– C’est assez probable, mais tu n’as pas de raison de t’affoler.

– Tu trouves !

– Réfléchis. Lorsque ces gens sont arrivés, tu n’étais pas là pour les accueillir comme à l’habitude et ils se sont certainement posé des questions et peut-être même inquiétés. L’un au moins parmi eux a dû vouloir vérifier que tu n’étais ni malade ni accidentée. Tu ne crois pas ?

– Si, bien sûr !

– La porte de ta chambre n’étant pas fermée et la fenêtre grande ouverte…

– Que j’ai honte !

– Tu n’es pas heureuse, depuis hier ?

– Si. Comme jamais !

– Alors pourquoi le cacher ? S’ils ont effectivement vu ce que tu redoutes, tu peux constater qu’ils ne jouent pas les voyeurs et qu’ils ne profitent pas non plus des circonstances pour fainéanter.

– Il y en a tout de même eu au moins un pour me voir toute nue dans tes bras !

– Tu es merveilleusement belle, toute nue, et tout compte fait c’est probablement une des femmes qui est venu se pencher à la fenêtre.

– La tondeuse qui passe sous ma fenêtre, ce n’est jamais une des femmes qui l’utilise. J’ai peur d’affronter leurs regards, Francis. Ils vont m’imaginer sans vêtements.

– Il n’y a rien que de très normal, à ton âge, à faire l’amour toute nue. Et puis, il ne t’est jamais venu à l’idée que te promener en maillot de bain sous leurs yeux a pu tout aussi bien inspirer certains fantasmes ?

– Tu dois encore avoir raison. Je suis stupide. Il s’agit seulement d’affronter les premiers regards. Ce qui me gêne le plus ce n’est pas qu’ils sachent que j’ai couché avec toi, c’est que l’un d’entre eux, peut-être un des hommes, a posé les yeux sur mes seins ou mon ventre. Celui ou celle qui a regardé m’a peut-être vue, jambes écartées, mon intimité offerte !

– Tu étais toujours blottie dans mes bras, ma chérie, la personne en question n’a pu voir que tes jolies fesses.

– C’est déjà beaucoup, non ?

– J’avoue avoir du mal à te suivre. Tu passes une partie de ton existence à vivre à poil dans le parc, au risque d’être vue par des promeneurs égarés et tu es désespérée à la seule idée que l’on puisse voir ton derrière dans ton lit !

– Être entr’aperçue par un étranger de passage est sans importance. Ce n’est pas la même chose avec le personnel de maison à qui je donne des ordres et que je côtoie régulièrement.

– Si j’en crois ce que tu m’en as déjà dit, ces gens t’aiment bien. Il est probable qu’ils se sont toujours demandé pourquoi tu n’avais pas d’amoureux dans ta vie.

– Je sais bien qu’ils m’aiment tous !

– Alors ils se fichent pas mal de ne pas avoir été accueillis avec du café et que tu sois vierge ou non ne fera aucune différence pour eux. Je pense même qu’ils éprouveront une certaine forme de joie à te savoir délivrée de ce machin que tu préservais si résolument entre tes cuisses. Surtout s’ils constatent que tu ne regrettes pas d’en être débarrassée. Ce qui est toujours le cas, n’est-ce pas ?

– Évidemment, idiot !

– Alors au jus. Ils l’apprécieront sûrement tout autant.

– De toute façon je ne peux pas rester cachée toute la journée dans ma chambre. Affrontons l’événement ensemble. Comme ça, ceux qui ne t’ont pas encore vu sauront que je n’ai pas été dépucelée par un fantôme.

– D’autant moins que les fantômes n’ont certainement pas entre les jambes un dard en état de marche comme celui que tu peux admirer !

– Sans en profiter, malheureusement ! Je passe un polo et un short. Tu vas en faire autant ?

Le programme ne se déroula pas exactement comme Maï l’envisageait. Le premier vêtement dont elle se saisit fut le polo. Face à Francis elle entra les bras dans les manches puis les leva pour passer la tête dans l’encolure et le spectacle, particulièrement affriolant, fit monter la température du jeune homme qui se précipita et interrompit le mouvement. La tête et les bras bloqués par le tee-shirt et ses protestations partiellement étouffées, Maï tenta vainement de se débattre tandis qu’il se lançait à la conquête de son corps, le visage enfoui dans sa poitrine et une main dans son entrejambe. Pour plus de commodité il la fit basculer sur le lit et là, très vite, les manifestations de révolte se changèrent en mouvements d’approbation. Quelques instants plus tard, Francis ayant pris la précaution de bloquer les cris dont elle était coutumière dans l’orgasme en l’embrassant au travers du tissu, elle se livra, sans visibilité, mais longuement, profondément et sans retenu.

– Tu n’es qu’un fieffé cochon, protesta-t-elle pour la forme une fois rendue à la liberté, mais c’est presque aussi bon le matin à jeun que le soir en amour douceur !

– Presque, seulement ?

– Presque, oui. Il y manque les longues et indispensables mises en conditions qui sont déjà une succession ininterrompue de petits orgasmes. Maintenant, si tu veux bien sortir de mon ventre, je vais prendre une douche pour me rendre présentable avant de préparer le café.

Francis se redressa, libérant sa compagne qui se jeta hors du lit et que la vue du sexe de son amant, toujours dans de bonnes dispositions, fit fuir avec un grand éclat de rire. En passant la porte, elle lui conseilla de prendre une douche bien glacée, seule capable, apparemment, de lui rendre un semblant de dignité.

Détendue par la douche et le dernier assaut, Maï rassembla les employés de Jean à qui elle servit le café. Elle s’excusa de ne pas avoir été présente à leur arrivée et leur présenta Francis. Elle le fit en toute sincérité, déclarant sans ambages que si elle n’avait pas été là avec la cafetière, comme d’habitude, c’était parce que Francis et elle avaient fait l’amour jusqu’à sombrer dans un sommeil sans rêve. Elle espérait seulement que cette situation ne leur avait créé aucun problème.

C’est la plus âgée des femmes qui répondit. Elle avait parfaitement saisi l’inquiétude de Maï sur ce que certains d’entre eux avaient pu surprendre de sa toute nouvelle intimité et s’empressa de la rassurer. Ils étaient arrivés ensemble, avaient ensemble vu la voiture inconnue et la maison grande ouverte et c’est elle qui avait été jusqu’à la chambre. Elle avait ensuite expliqué aux autres qu’un homme avait fait son entrée dans la vie de Maï et que tout allait bien et qu’il fallait attendre un peu avant de faire du bruit, histoire de ne pas réveiller les amants trop tôt et trop brusquement et de ne pas approcher trop avec la tondeuse.

– Est-ce que tu te rends compte, s’exclama la jeune femme lorsque les employés furent partis s’adonner à leurs tâches respectives, ils savent tous que je me suis fait sauter cette nuit et ils ont l’air d’en être heureux ! C’est tout juste s’ils ne sont pas venus me féliciter un par un ! À croire que je manquais visiblement de semence mâle et que cela se voyait ! Tu as ressenti cette chaleur à mon égard ?

– Bien sûr ! Ils t’aiment et te le montrent sans arrières pensées. Au fait, tu avais raison, il y a une jeune femme dans le lot qui a tous les atouts pour rendre un homme heureux et qui mériterait que l’on s’intéressât à elle.

– Espèce de salaud !

– Si tu n’étais pas là, évidemment ! Ses rondeurs ont beau être particulièrement appétissantes, elles ne peuvent rivaliser avec la puissance érotique qui se dégage de ton corps, en tout cas pour moi. Que fait-on maintenant, habillés et avec tout ce monde dans la propriété ?

– On se baigne, en maillot de bain, on sieste, sous le drap, on se promène, légèrement vêtus. Ils seront partis avant le coucher du soleil et la nuit nous appartiendra.

– Et il y a la tour. À condition que je te muselle pour que tu ne hurles pas trop fort ton plaisir. D’ailleurs je suis persuadé que ces gens sont prêts à tout pour nous laisser le champ libre.

– Que veux-tu dire ?

– Que nous pourrions aller faire l’amour n’importe où dans la propriété et qu’ils s’arrangeraient pour ne pas nous importuner.

– C’est bien ce qui me gêne encore ! Il suffira que nous disparaissions pour qu’ils s’imaginent que nous sommes en train de forniquer.

– Ce n’est pas ce qui m’empêchera de te prouver mon envie de toi si l’occasion le permet. D’ailleurs il le faudra bien, je ne m’imagine pas vivre toute une journée à ne faire que contempler tes formes sans y toucher. Et si je touche…

– Tout compte fait, je crois que je suis heureuse de la tournure prise par les événements. C’est juste mon amour propre qui se révèle un tantinet chatouilleux.

– Alors mets-lui une sourdine et allons nous promener.

– Il n’en est pas question tout de suite, je me dois tout de même une heure ou deux au travail.

À ce moment précis une petite toux se fit entendre dans leur dos. La dame qui était déjà intervenue s’était approchée sans être entendue.

– Veuillez me pardonner, mademoiselle, déclara-t-elle, j’ai oublié de vous dire que Monsieur Jean a téléphoné. Il rentrera demain en fin d’après-midi.

– Merci, Jeanne.

– Encore un mot, mademoiselle. Sans vouloir être indiscrète j’ai entendu vos dernières paroles et je me permets une suggestion. Ne vous occupez pas de nous. Le travail que nous effectuons ici n’a plus de secrets pour notre équipe, alors ne perdez pas cette belle journée pour nous. Je me charge de faire à manger pour tout le monde et si vous le désirez, je vous apporterai de quoi vous remplir l’estomac.

– Un pique-nique au bord de l’étang ? Pourquoi pas ?

– C’est dit. Je m’occupe de tout, mademoiselle. Midi très précisément.

Et Jeanne s’éloigna comme elle était venue, rapide et discrète.

– Cette femme est heureuse de ton bonheur, fit Francis en prenant Maï par la taille. Tu ne trouves pas extraordinaire cette gentillesse à ton égard ?

– Elle a peut-être aussi une âme d’entremetteuse ? Mais c’est sans importance et c’est gentil, en effet. Son opinion, comme celle des autres est faite maintenant puisque je t’ai présenté comme mon amant, donc il n’y a pas à revenir là-dessus. Autant en profiter.

– Tu as déjà fait l’amour dans une barque ?

– Idiot ! Même en rêve, aucun homme ne m’a possédée, je t’ai déjà dit…

– Moi non plus. Ce sera donc une expérience inédite pour tous les deux.

Ils se rendirent à l’étang, moitié marchant, moitié courant, heureux de cette nouvelle liberté qui leur était accordée et dont la jeune femme ne pensait pas pouvoir disposer ce jour-là. En chemin leurs mains se cherchèrent, se trouvèrent, s’égarèrent dans les vêtements devenus une gêne et qu’il fallut cependant garder jusqu’au terminus. Les derniers mètres furent parcourus en équilibre instable, mais lorsque les amants arrivèrent sur la berge, ils étaient nus. Francis mit la barque à l’eau et tendit la main vers Maï qui le regardait faire, les yeux fixés sur le bas-ventre de son homme d’où jaillissait un épieu en ordre de bataille.

– S‘il tient ce qu’il promet, ça va être le paradis !

– Ne te perd pas en bavardage, aide-moi à pousser et viens me montrer si tu es dans d’aussi bonnes dispositions que moi !

– Moins visibles, mais tout aussi bonnes, sois en assuré. Plus tu seras gros et dur, mieux tu seras accueilli.