Cromec

L'univers de Cromec

Chapitre 12

Si Magalie avait été ramenée au présent par l’intervention de Cromec, Jérôme, lui, écroulé sur le corps de sa maîtresse, avait toujours dans la tête les images qui avaient fait de lui un animal en rut. Il retrouvait peu à peu un semblant de calme, mais tout au fond de sa conscience une petite voix lui laissait entendre que sa brillante prestation, à l’évidence appréciée sexuellement, pourrait n’avoir pas été tout à fait aussi bien comprise sentimentalement. La jeune femme n’allait-elle pas lui reprocher d’avoir voulu la posséder sans son consentement ? Ou même d’avoir profité de son rêve pour se frayer un début de chemin dans son vagin ?

Mais cette sourde inquiétude, qui commençait à s’insinuer dans l’esprit de Jérôme, fut très vite dissipée lorsque Magalie lui demanda :

– Comment se fait-il que tu sois là, mon chéri, si divinement planté dans mon ventre au lieu d’être au travail.

– J’avais tellement envie de te revoir que j’ai voulu réduire l’attente de quelques heures.

– Envie de me revoir seulement ou aussi avec envie de moi ?

– Envie de toi à un point que tu n’imagines pas !

– Mais je l’imagine très bien, au contraire. C’est une envie que je sens encore bien présente, figure-toi, même pas essoufflée après sa fantastique prestation. Elle est toujours assez forte et vivante pour me dire tout ce que tu ressens.

– Tu ne veux pas que je me retire pour que nous discutions ?

– Reste. Je suis si heureuse avec le pénis de mon homme, dur et prêt à reprendre du service, au chaud dans ma liline. Ne sont-ils pas faits l’un pour l’autre, ces deux-là ? Raconte. Explique comment tu es passé de l’attente insupportable pour Albert à ce viol magnifique auquel je n’aurais voulu échapper pour rien au monde.

– Il n’y a pas grand-chose à dire. Sachant par quel train tu allais venir et compte tenu de mon impatience à te retrouver en chair et en os, et je ne fais aucune allusion à ce qui vient de se passer entre Albert et ta liline, j’ai pris une journée de congé pour venir au-devant de celle que j’aime. J’ai juste eu un peu de mal à convaincre mon patron, mais mon amour a su trouver les bons arguments. Le plus long a été ce voyage qui n’en finissait pas de me rapprocher de toi avec lenteur ! Sans compter que je suis monté à l’opposé de ton compartiment et qu’il m’a fallu ouvrir toutes les portes une par une avant de te trouver.

– Endormie.

– Plongée dans un rêve érotique à damner tous les saints, ta robe relevée jusqu’à la taille, ta petite culotte baillant et découvrant ton sexe dans lequel tes doigts s’activaient avec ardeur, ton autre main glissée dans ton décolleté et caressant tes seins tandis que tu râlais en prononçant des mots incompréhensibles. Tu ne dormais pas, tu faisais l’amour ! Je ne connais pas un homme, entrant comme moi dans ce compartiment, qui ne se serait empressé de t’aider à concrétiser.

– Mais c’est toi qui es entré. Dans le compartiment puis dans mon ventre où tu es toujours aussi vigoureux et je suis heureuse qu’il en soit ainsi. Je rêvais de toi…

– Menteuse ! C’est l’autre que tu accueillais entre tes jolies cuisses !

– … et j’imaginais nos retrouvailles sur notre lit. Dans mon rêve tu me caressais longuement, tu m’embrassais partout avant de t’allonger sur moi pour t’enfoncer dans mon ventre. Tout mon corps était brûlant du désir de toi et c’est à ce moment-là que le rêve est devenu réalité, que j’ai ouvert les yeux et que je t’ai vu et que j’ai su que la verge que je sentais m’envahir était la tienne et pas seulement un rêve ! J’avais un tel désir de toi !

– Pendant que je reprenais mes esprits j’ai eu peur que tu ne me reproches de mettre jeté sur toi. Si j’avais été un type bien j’aurais dû rabattre ta robe sur tes cuisses et te réveiller doucement, pour que tu aies le temps de sortir tes doigts de ton sexe et ta main de ton décolleté, avant de te serrer dans mes bras. Seulement je n’ai pas pu ! Tes lèvres d’amour, je pouvais les voir sous tes doigts, gourmandes, avides de se refermer sur mon pénis, alors…

– Alors tu as fait ce qu’une femme amoureuse pouvait attendre de son homme : qu’il lui prouve la force de sa flamme. Ne regrette rien, avec ce geste quelque chose de nouveau est venu se greffer sur notre amour et ce quelque chose c’est la violence du désir que nous avons l’un de l’autre.

– Une violence que j’ai souvent craint de te montrer. Connaissant tes parents j’avais dans l’esprit que leur répugnance pour le sexe avait peut-être tenu le tien en sommeil et que je me devais de ne le réveiller que lentement, progressivement.

– Tu sais maintenant que je suis plus accueillante et douée que tu ne le pensais. C’est en venant vers toi que j’ai découvert que mon corps avait un immense besoin des mains d’un homme pour le caresser, de ses lèvres pour en parcourir chaque centimètre carré, de son sexe pour l’investir et le faire jouir. J’ai envie d’orgasme, d’orgasme et encore d’orgasme. Mais j’ai aussi besoin de ton amour sage, de ta présence, de ta tendresse, de ta peau simplement collée à la mienne. Je veux tout de toi.

– J’ai tout ça pour toi, puisque je t’aime.

Les amants se turent avec l’impression de communier désormais par le corps et l’esprit dans le ronronnement des roues du train filant sur les rails. Ils se laissèrent bercer ainsi jusqu’à ce que Magalie soit amenée à rompre le silence :

– Je sens ta verge qui vit dans mon ventre.

– Moi, je sens ton vagin qui se contracte sur elle.

– J’aime quand tu es gros et dur et que tu m’ouvres pour t’enfoncer profond comme tout à l’heure. Elle te serre de plus en plus fort. Tu la sens qui veut que tu la fasses jouir encore ?

Jérôme, dont le pubis était toujours collé à celui de Magalie, s’en détacha jusqu’à s’extraire du vagin en provoquant un cri de protestation. Il se redressa, saisit la petite culotte et la fit glisser très vite le long des jambes de la jeune femme, puis toujours pressé, fit passer la robe par-dessus sa tête avant de se coller à nouveau à son corps maintenant tout aussi nu et brûlant que le sien. Sans un mot Magalie repoussa le ventre de son amant, crocheta son pénis et le guida en elle avant de replier bras et jambes sur le dos et les reins de l’homme pour ne plus faire qu’un avec lui, ne lui accordant que l’espace essentiel pour le va-et-vient indispensable qu’il entama aussitôt, se retirant au maximum pour ensuite s’enfoncer au plus loin dans le vagin montant à sa rencontre.

– Je te veux tout au fond de mon ventre, mon chéri. C’est comme un feu qui me fouille et que je voudrais pourtant empêcher de ressortir.

Sa poitrine écrasée sur les seins de Magalie dont il sentait les tétons durcis s’incruster dans sa chair, Jérôme accéléra le mouvement. Les mots, dans la bouche de la jeune femme, se changèrent en râles d’extase. Des frissons coururent le long de sa peau et se communiquèrent à l’homme qui chercha les lèvres de l’aimée et mêla sa langue à la sienne tandis que son pénis, de plus en plus ardent, de plus en plus proche de l’éclatement, se déchaînait dans le fourreau qui l’engloutissait avec de plus en plus d’avidité.

La jouissance fut brutale, sauvage, dans un déferlement douloureux des battements de cœurs et le choc violent des ventres se heurtant. Le passage des ongles de Magalie laissa de longues griffures rouges dans le dos du garçon qui n’en prit pas conscience et lorsque, enfin, l’orgasme fit place à l’apaisement des sens longtemps survoltés, les amants restèrent encore soudés, haletants, hésitant à desserrer l’étreinte de leurs membres endoloris.

– Tu me désireras toujours aussi fort, mon chéri ?

– Toujours. Tu es le plus puissant des aphrodisiaques que je connaisse et je voudrais ne plus jamais être obligé de sortir d’entre tes cuisses.

– Nos sexes s’aiment.

– Tu sens comme Albert est heureux ? Il n’arrive pas vraiment à se détendre tellement il se plaît dans cet écrin chaud et humide qui l’accueille avec tant d’enthousiasme.

– Ma liline aussi est follement heureuse. Je crois qu’elle ne savait rien de la vraie jouissance lorsque nous faisions l’amour avant que je n’entreprenne ce voyage pour te rejoindre.

– Il faudrait pourtant calmer leur ardeur, ma chérie. Le train avance et tu imagines le tableau si notre compartiment s’arrête au beau milieu d’un quai de gare, alors que nous sommes encore soudés par chaque parcelle de peau.

– Descends le store et reviens prendre ta place. J’ai encore besoin de te déguster longuement dans mon ventre et de sentir le poids de ton corps sur le mien. Quand tu me prends, je sens ton sexe qui me fouille et s’active pour me faire jouir et j’aime, j’aime. Tu ne peux savoir combien j’aime ! Maintenant je sais qu’un pénis d’homme ça peut donner du bonheur, plein de bonheur. Descends le store et reviens me donner de ce bonheur.

Jérôme se décolla de Magalie qui laissa fuser une courte plainte lorsque la verge quitta le nid douillet de son entrejambe pour se tendre en direction de la fenêtre.

– La mer ne devrait pas tarder à être visible, déclara le jeune homme en s’approchant de la vitre. Le train a dû s’arrêter plusieurs fois depuis Toulouse et je n’ai rien remarqué. Je suppose que toi non plus ?

– Je devais être trop occupée à écouter mon corps s’emballer.

– Tu possèdes entre les cuisses une véritable source d’oubli. Un paradis d’inconscience. Plus rien n’existe lorsque nos sexes fusionnent.

– J’adore ta manière de dire les choses, mais je trouve idiot de pointer Albert vers les champs alors qu’il aurait mieux à faire dans mon paradis d’inconscience. Tes discours lui donnent du tonus et ma liline en a l’eau à la bouche. Ferme ce store !

Dans un champ au bord des rails, des hommes et des femmes qui travaillaient en groupe, pliés en deux, se redressèrent soudain lorsqu’une des femmes pointa un doigt en direction du train et de la fugitive vision d’un sexe orgueilleusement braqué dans sa direction.

– Je crois que je viens de déclencher une orgie dans un groupe de paysans des deux sexes. C’est une femme qui a eu l’œil attiré par mon pénis alors qu’ils étaient tous penchés sur leur labeur. Surprenant, non ?

– Pas surprenant du tout ! Ce truc a le don d’attirer, et pas que les regards. Tu viens ou je vais devoir me débrouiller toute seule !

– Oh oui ! Caresse-toi ! Comme dans ton rêve lorsque je suis entré dans le compartiment.

Magalie ne se fit pas prier. Si son amant aimait la regarder se caresser, elle se caresserait. Tandis qu’il se décidait enfin à descendre le store, elle s’assit et s’adossa, les fesses tout au bord de la banquette, les talons sur celle d’en face et les cuisses largement ouvertes pour bien dégager sa vulve toujours suintante de désir. De la main gauche elle commença à se caresser les seins tandis que sa main droite se posait sur son sexe et en entrouvrait les lèvres pour y introduire son majeur avant de repartir s’intéresser au clitoris. Dès qu’elle eut établi le contact, elle ferma les yeux et se mit à titiller ce sexe miniature placé là pour transmettre au cerveau toutes les excitations suscitées par le pénis dans ses va-et-vient. Puis elle le fit émerger dans la commissure de ses lèvres d’amour et le cajola de la paume de sa main jusqu’à ce que la montée du plaisir se fasse connaître par le rythme de plus en plus haché de sa respiration. Elle approcha très vite de l’orgasme. Haletante et secouée par les premiers spasmes déferlants, elle se souvint que c’est à cet instant précis que Jérôme avait investi son intimité. Elle abandonna le massage du clitoris pour tendre une main suppliante vers le mâle :

– Viens, mon amour ! Vite ! Vite ou je vais jouir sans toi !

Jérôme, affublé d’un priapisme devenu presque douloureux, se glissa entre les jambes de Magalie, s’agenouilla, lui saisit les chevilles et les posa sur ses épaules, plaçant par ce geste l’entrée du nid d’amour juste à hauteur de sa verge qu’il poussa d’un seul élan au fond de la vulve affamée. Magalie exprima sa satisfaction d’être ainsi investie en aspirant bruyamment une énorme bouffée d’air et saisit son homme par la nuque pour l’attirer sur sa poitrine.

– Maintenant, gémit-elle, viens. Crache ton sperme dans mon ventre. Je te veux tout à moi !

Le jeune homme se déchaîna en coups de reins rapides, puissants, profonds. Son pubis se heurta violemment à celui de la jeune femme, ébranla ses chairs et lui arracha des feulements de chatte en chaleur accompagnés de cris d’encouragement :

– Oh oui ! Oui ! J’aime ! Plus fort, mon amour ! Pousse ! Viol-moi encore. Tu me tues, mais je te veux encore plus fort !

Brutalement Jérôme explosa dans le vagin embrasé. Le jaillissement de sa semence bloqua le mouvement accéléré de va-et-vient et ne se manifesta plus que par de brèves secousses dues aux puissantes poussées de sève qui arrachèrent au garçon des râles qu’il laissa fuser entre les seins moites de sa maîtresse. Celle-ci ressentit le changement de rythme de la pénétration et les râles émis par son amant dans l’explosion du sperme au fond de son vagin comme un signal qui la jeta à son tour dans un orgasme frénétique, violent, qui lui soutira une plainte interminable. Elle planta ses ongles dans les fesses aux muscles tétanisés et l’attacha à elle, le maintenant férocement, soudant pubis et sexes dans un même déferlement de volupté. Ils restèrent ainsi, emboîtés à la perfection, jusqu’à ce que le temps parvienne à apaiser les spasmes et les halètements de l’être unique qu’ils avaient engendré.

Ils étaient toujours unis par chaque parcelle de peau lorsque le train ralentit et s’arrêta quelque part sur le trajet de leur bonheur et qu’une tentative pour entrer dans le compartiment de leur amour secoua vigoureusement la porte qui résista. Isolés dans un univers de bonheur, ils s’imprégnaient l’un de l’autre et la tentative d’intrusion ne parvint pas jusqu’à eux.

Pendant un long moment Magalie avait été Jérôme et Jérôme était devenu Magalie.

Le jeune homme émergea le premier de ce monde voluptueux et cette fois Magalie, épuisée, le laissa se retirer de son ventre écartelé sans protester et s’installer sur le siège à ses côtés. Avant de se plonger dans un silence récupérateur Jérôme lâcha une phrase qui fit comprendre à sa partenaire qu’elle n’avait pas été seule à ressentir la fusion qui s’était opérée :

– Pendant un moment je suis devenu toi, mon amour. J’avais la sensation de penser Magalie. J’étais dans ta tête et pas seulement dans ton ventre.

– Fantastique, non ?     

– C’est toi qui as provoqué ça !

– Qui d’autre que Cromec aurait pu accomplir ce miracle de faire de deux humains liés par le sexe un être unique ? Miracle d’ailleurs involontaire.

– Explique.

– Il n’y a pas grand-chose à expliquer. Vous étiez physiquement et sentimentalement si soudés l’un à l’autre qu’au moment où vous avez joui j’ai été bombardé par une énergie telle que je n’ai pas pu en contrôler la puissance et que je me suis un peu dispersé, si je puis dire. Pendant quelques minutes, le temps que vos corps s’apaisent, une partie de moi s’est retrouvée dans ton homme. Tu connais le résultat.

– C’était fantastique, oui, puisque j’étais lui et qu’il était moi. Seulement plus rien ne pourra jamais être comparable à ces instants si tu n’es plus là !

– Je n’ai pas voulu ce qui est arrivé, mais c’est arrivé parce que vous étiez unis par la force d’un grand amour qui m’a submergé et qui vous procurera des sensations rares aussi longtemps que vous vous aimerez comme en ce moment.

– Ce lien sans pareil va inévitablement nous manquer !

– Vous n’en étiez pas si éloignés, malgré le fait qu’il soit inaccessible sans moi. Mais ton homme ne sait rien de ma présence, alors il croira toujours que c’est votre amour qui vous a sublimé et chaque fois qu’il te possédera, il fera tout pour retrouver ce moment d’intense union. Vous risquez de grimper souvent au septième ciel et je suis certain que tu ne perdras pas au change. 

– Et si ça me manque trop je pourrai toujours t’appeler.

– Je t’ai dit ce qu’il fallait faire pour ça.

– Exact. Je n’ai plus envie de penser. Je suis épuisée par la fougue de ces deux hommes qui se sont emparés mon corps en si peu de temps, Cromec, et à mon avis Jérôme et son Albert ne sont pas en meilleur état, si j’en crois ce morceau de viande écroulé entre ses cuisses.

– Surtout n’y touche pas, son apparence est souvent trompeuse, si j’en crois ma toute nouvelle expérience. Tu pourrais lui redonner des envies et il n’est plus temps car vous allez devoir vous rhabiller.

Comme s’il avait entendu les mots énoncés dans la tête de Magalie, Jérôme émergea de sa torpeur voluptueuse et se redressa. Il fit fasse à la jeune femme, la saisit par les épaules pour l’obliger à se lever à son tour et l’enveloppa de ses bras. Il était grand, fort, superbe, elle se fit aussi petite que possible pour se blottir contre lui.

– Il va falloir nous habiller, ma chérie, lui susurra-t-il dans le creux de l’oreille. Je veux que tu caches ces trésors que je dévoilerai à nouveau un peu plus tard, dans le secret de notre nid, pour les admirer et leur faire toutes sortes de petits câlins, comme ils aiment.

– Si tu veux que je me rhabille, il vaut mieux que tu remballes Albert. Je le sens qui reprend de l’importance tout contre mon ventre et j’ai déjà comme ça l’impression que je vais me donner en spectacle.

– Que veux-tu dire ?

– Que je sens que je vais avoir du mal à tenir sur mes jambes et que de toute façon je vais marcher comme une cavalière qui descend de cheval après de longues heures de trot !

– Les gens sont bien trop préoccupés pour te prêter attention et si par hasard c’était le cas qu’est-ce que tu crois qu’ils vont penser ? Les femmes regretteront de ne pas être à ta place et les hommes de ne pas être celui qui t’a mise dans cet état.

En posant les pieds sur le quai, Magalie songea que normalement Jérôme, s’il n’avait aussi judicieusement anticipé leurs retrouvailles, aurait dû être là, quelque part, à la chercher parmi les voyageurs sortant des wagons et que rien n’aurait été pareil. Il l’aurait prise dans ses bras et embrassée fougueusement avant de l’entraîner vers son studio pour lui faire l’amour. Mais aurait-il été cet amant fougueux que les circonstances lui avaient révélé ? Que peut-être il avait d’ailleurs lui-même découvert dans le secret d’un compartiment sur la ligne entre Toulouse et Marseille. N’avait-il pas dit que son intention était de la conduire à cet état en la réveillant progressivement car il se méfiait de ce que lui avait inculqué l’héritage familial ?

– J’ai atrocement faim, mon chéri. Je n’ai avalé qu’un paquet de gâteaux secs depuis le départ. Tu as fait des provisions ?

– De quoi passer le week-end sans être forcés de sortir. Tu devines pourquoi ? Mais ce soir je t’emmène au restaurant. Nous allons fêter ton arrivée.

– Je ne peux pas aller au restaurant dans cet état ! Je suis trempée de sueur et pleine de ton sperme !

– Veux-tu bien baisser la voix ! Tu parles de sperme sur un ton et avec des regards gourmands qui vont donner des idées salaces à tous les mâles qui nous entourent !

– Je veux bien te chuchoter ça à l’oreille, mais il faut que je me lave avant d’aller manger ! Ma petite culotte ne fera pas longtemps barrière au contenu de mon vagin.

– D’accord chérie, ma voiture est à proximité et nous serons au studio dans dix minutes, mais filons avant que la police ne nous arrête pour attentat à la pudeur. Tu sens l’amour et moi je commence à avoir le sang qui bouillonne !